Dominique Wolton, Directeur de l'Institut des Sciences de la Communication du CNRS revient sur
son intervention lors du 20e Cap'Com. Il y met en valeur l'importance croissante de la communication dans un monde de plus en plus ouvert.
Compte-rendu de la deuxième journée du Forum Cap'Com 2008. Au menu : Connectivité, Web-Tv et Nuit de la Communication.
Mercredi, les choses sérieuses commencent, c'est particulièrement flagrant lorsque l'on voit la file d'attente dans le hall de la Cité internationale
des Congrès.Presque 20 minutes d’attentes pour récupérer badge, programme, ticket repas et invitation à la nuit de la communication qui doit
clôturer cette journée.
Les choses sérieuses commencent
Wifi partout et cyber-espace comprenant 10 ordinateurs, voilà un plus pour tout le monde. Et vous savez quoi? Facebook est partout. Innocemment je me
disais que les gens allaient vérifier leurs mails, valider des plaquettes ou des affiches. Mais ce n’est pas le cas, ou alors très peu. J'ai même vu des twitters, des blogueurs commencer des
billets. Et ce n'est que la partie émergée de l'iceberg. Je n'avais encore jamais vu autant de téléphones, Blackberry et autres engins du même style, permettant de se connecter sur le web et de
checker ses mails.
Je vous passerai les détails de cette
journée, le Blog-Territorial le fera mieux que moi avec ses vidéos. Mais j'en ai profité pour aller voir certains stands de professionnels, surtout en ce qui concerne les Web-TV, domaine qui
m'intéresse tout particulièrement.
Je reviendrai quand même sur l'atelier que nous avons animé Franck Confino, Chris Guillaudin (dircom à Fontaine) et moi-même, sur les Web TV et les formats vidéos, à 16h ce
mercredi.
Il était dirigé par Philippe Deracourt,
chargé de mission TIC, au Conseil Général du Val de Marne, et par Yann-Yves Biffe, directeur de la communication de la ville des Sables d'Olonne (qui avait reçu la veille le Grand
Prix Cap'Com). Le temps imparti pour l'atelier était de 45 à 50 minutes au maximum. Ce qui était beaucoup trop court si on veut laisser le temps au public de poser des questions. J'aurais voulu
avoir le temps, 5 minutes, pas plus, pour parler de la Web TV que j'avais
installé les deux soirs des élections municipales à Saint-Egrève, avec plateau télé, étudiant-journaliste et candidats
qui se relayent pour répondre aux questions, dans le hall de la mairie, avec très peu de moyens mais beaucoup de bonne volonté et d’imagination.
La journée se termina par la Nuit de la Communication, dans un endroit nommé Le Hangar à
Bananes.
Premier constat : la circulation à Nantes est bordélique au plus haut point. J'ai rarement vu ça. Nous avons mis plus d’une demie heure pour rejoindre ce haut lieu nantais, avec un plan
pas clair, et surtout aucun panneau indicateur. Un peu comme si à Grenoble aucun panneau n'indiquait la direction pour aller au Stade des Alpes.
Deuxième constat : on est en période de crise? Ah oui? J'ai l'air sarcastique, mais je n'ai jamais vu et pourtant je ne suis pas un perdreau de l'année, autant de victuailles déployées
dans un même lieu. Je veux bien que les amis du cochon aient mis les petits plats dans les grands, mais à ce niveau-là, cela avait tout de l'orgie romaine, ne manquaient plus que les
esclaves-danseuses, et la torture des chrétiens. J'ai mangé bien sûr (charcuterie, huîtres, crêpes, fromages, etc...), bu un peu (muscadet de 1997 à 2005), c'était excellent mais je ne me suis
pas jeté sur les plats comme un mort de faim. Ce fut l’occasion pour faire de sympathiques rencontres, j'ai bien ri en me faisant
prendre au piège de la Ligue d'improvisation de la Loire qui nous a fait croire qu'ils venaient d'un pays
imaginaire nommé Sampalemodge, en Europe Centrale, avec accent, costumes et danses traditionnels.
Fin de la soirée en boîte (enfin pour moi) vers 1 heure du mat après avoir siroté une dernière bière blanche (voir Facebook pour savoir avec qui).
A venir le dernier compte-rendu de la dernière jounée.
Cette année, j'ai eu la chance de pouvoir participer au 20ème forum du Cap'Com à Nantes, ce grand rassemblement de communicants francophones (il y
avait des belges aussi une fois), du 9 au 12 décembre dernier.
Arrivée en gare de Nantes à 14h le mardi 9. Nous avons été accueilli par l'équipe des animateurs de Cap’Com. Juste le temps d'aller poser les valises à
l'hôtel, rendez-vous nous était donné dans le hall de la gare pour des visites thématiques : les jardins communicants, visite animée par les services de laville de Nantes, les machines
de l'Ile par la SEM Culture et Patrimoine, le GPV Malakoff par Nantes Métropole et Saint-Nazaire,
chantiers navals et urbanisme, par la ville de Saint-Nazaire.Ayant choisi la
première citée, je me suis régalé à la vue des jardins de Nantes, de la serre magnifique abritant une palmeraie.
À peine revenus de ces jardins, nous sommes déjà attendus au Centre de Communication de
l'Ouest (CCO) pour un début de soirée en 2 parties :d'abord le débat off sur le thème : "public/privé, une communication, des
communications", avec comme maîtresse de cérémonie Dominique Mégard, déléguée générale de Cap'Com
assistée de Christophe Caillaud-Joos, directeur du CCO, et comme intervenants Bernard Emsellem, vice président exécutif de Communication publique, directeur de lacommunication de la SNCF, Erwan de Charrette,
directeur de la communication, CG de la Sarthe, Jacques Lamy, directeur de la communication, ville de Rézé, Jean-Marie Guillemot, responsable des
relations presse, Réseau Ferré de France.Après cela a eu lieu la cérémonie de remise du Grand Prix Cap'Com, suivie d'un cocktail.
Je dois avouer que même si le débat a été très intéressant et les questions posées assez pertinentes, il n'a pas débouché sur une révolution dans l'art
de gérer sa communication, que ce soit pour le public ou pour le privé. Le tout étant de savoir à qui l’on s'adresse, aux utilisateurs de la SNCF (usagers ? clients ?), aux prospects, ou bien
encore aux habitants.
La cérémonie était présidée par
un hôte de marque, M. Claude Sérillon, journaliste de France 2, maintenant chroniqueur chez Drucker (entre autres
activités), natif de Nantes de surcroît, qui nous a servi un discours plein de malice et de sérieux. Durant cette cérémonie deux choses m'ont marqué :
Quasiment tous les gagnants ont fait appel à un prestataire extérieur pour les aider dans le projet qu'ils présentaient. Où est l'avantage de faire
en interne?
Claude Sérillon ne nous a pas une seule fois gratifiés de son célèbre rire.
Par contre, je suis ravi pour les représentants de la Vallée de la Fensch, qui
a reçu un prix pour son exposition " Femmes au pays du fer - Regards croisés ". Étant originaire de Metz et de
cette vallée, je me suis senti solidaire des gens de cette Région (où j'ai encore de la famille et des amis), qui est sinistrée depuis des années à cause de la fermeture de la
sidérurgie.
21h00, fin des hostilités, chacun s'égaille de son côté et pour moi ce sera repas chez Maître K : une flamenkuche trop cuite accompagnée d'une
bière.
Jean Breillat, Chef de cabinet de la ville de Tours, revient sur les thèmes qu'il a abordé lors de sa conférence "Scénariser l'espace public" ou,
comment occuper l'espace public de manière à interpeller les citoyens au travers d'événements ponctuels à caractère artistique.
Xavier Crouan, Directeur de la communication de la ville de Rennes, et Thierry Marcou, Directeur du
"Programme 2.0" à la Fondation Internet Nouvelle Génération (FING) s'expriment sur les usages du Web 2.0 pour les collectivités, et sur la
manière dont le retour d'information qu'ils offrent peut être mis à profit pour mieux renseigner les citoyens.
L’objet de ce papier n’est pas de dénoncer les imperfections d’un événement mais plutôt de porter un regard d’ambiance générale sur ce dernier.
Si l’objet du 20e anniversaire de Cap’Com était de proposer une vision prospective de la fonction
communication, le contenu des ateliers était plutôt d’ordre opérationnel et donc en décalage avec l’ambition initiale. Sans compter que le débat du off a proposé un niveau de réflexion plutôt
décevant. Même si cela s’explique par l’obligation protocolaire d’avoir choisi comme animateur le représentant de la structure d’accueil (CCO), son intervention s’est éloignée du thème de la
manifestation. En effet, ayant un profil privé, il a à plusieurs reprises eu une compréhension erronée des échanges et une mauvaise appréhension apparente des problématiques publiques qui a
participé à baisser le niveau du débat.
l'objet du 20e anniversaire de Cap'Com était de proposer une vision prospective de la fonction
communication
Les intitulés de parcours n’ont pas été suffisamment explicatifs et significatifs des contenus et ont complexifié les choix à opérer. On peut aussi
noter un déséquilibre apparent de contenus entre les deuxième et troisième jours. Mercredi, un grand nombre d’ateliers et de parcours se superposaient alors que jeudi ceux-ci étaient peu nombreux
et donc fortement fréquentés. Inadvertance de la part des organisateurs ou orientation stratégique ?
Et les désagréments d’un événement, parlons-en ces petits riens
qui viennent altérer l’image d’un succès, ces incertitudes incontrôlables mais qu’on voudrait contournables. Cap’Com semble cette année avoir été plutôt bien loti avec trois convives majeurs qui
ont décliné l’invitation : Jean-Marc Ayrault, Philippe Breton et Christian Salmon.
Permettez-moi une réflexion par ailleurs. Avoir choisi le Hangar à banane sur l’île de Nantes pour la traditionnelle nuit de la communication ressemble à une belle
opération de communication à l’initiative de la ville de Nantes pour la mise en lumière de son projet urbaniste phare comme renouvellement urbain de référence.
Toutefois un aspect heurte quelque peu ma sensibilité. Naïveté ou réalité de mes attentes, je ne sais
pas vraiment mais quelle difficulté de se positionner en tant qu’étudiante dans ce microcosme de professionnels, venus entretenir leur réseau. Cela oblige à se poser la question de la
légitimité de la présence d’étudiants à cet événement.
Plusieurs paramètres ont éveillé ma curiosité et suscité bien des interrogations. Ils auraient à mon sens mérité d’être abordés plus formellement et
plus en profondeur. Quel type de rapport un communicant doit-il entretenir avec son territoire ? Quel affect susciter et quelle distance tenir ? Cela pose la question des origines
géographiques préférentielles pour exercer son métier ? Quelle confrontation de regard entre deux écoles de communicants, une génération plus ancienne formée par la pratique et une autre qui
peut s’appuyer sur des bases théoriques incorporées en amont ? Quelle communication envisageable pour un territoire récent et par là-même dénué d’identité ? Concernant la
dimension fondamentale du récepteur, à force de vouloir positionner son territoire à l’échelle nationale et/ou internationale, n’oublie-t-on pas de répondre aux attentes et aux besoins des
premiers relais de ce territoire, ceux qui le pratiquent ? Ne va-t-on pas à l’encontre de ce qui fait sens sur cet espace et de son âme ? Quelle communication ? Vers qui ? A
quel moment ?
Qu’importe le projet politique, la communication ne saurait être efficace si le terreau n’est pas prêt à recevoir le changement, si la population n’est pas
favorable au bouleversement de ses repères. Cela ressemblerait dans le privé à ce qu’on qualifierait de myopie de l’entrepreneur. Aussi, il est intéressant de voir à quel point une
décision peut échapper au dispositif de communication. La communication utopique, celle de l’imaginaire qui s’efface au profit d’une réalité, la communication n’est qu’une partie d’un ensemble
plus global.
Un angle a été absent des problématiques abordées par ce 20e forum de Cap’Com, à savoir l’ambivalence des rapports entre élus et communicants.
Quelle influence ? Qu’est- ce qui est de l’ordre de la communication d’intérêt général ou partisane ? Quel rattachement administratif des directions de la communication et pour
quelle stratégie ? L’absence de ce sujet est à déplorer, le rapport au politique est pourtant une particularité de la sphère publique.
La conférence introductive de Dominique Wolton a été une belle mise en bouche mais a aussi placé le
niveau haut et en quelque sorte obligé à la déception pour le reste des prestations.Pour l’anecdote, Dominique Wolton mettait en exergue les menaces de la technique sur les rapports humains, comme essence même de la communication quand l’atelier suivant sur la
ville 2.0 en vantait l’incontournable intégration à sa stratégie de communication. Alors quel positionnement, pour quelle réalité ? Qui créditer, le chercheur et théoricien ou le
communicant praticien ?
Les intervenants sont-ils les promoteurs de leur territoire ou viennent-ils enrichir les visions par le partage d’expériences. Quel rapport s’entretient
entre ces deux réalités, laquelle préexiste ? Je m’interroge alors sur l’objet du déplacement des participants, viennent-ils entretenir et étoffer leur réseau ou participent-ils à enrichir
le débat ? Le visiteur est-il trop passif et quel est son intérêt à se sortir de cette position de consommateur?
Faire le choix de personnages éminents pour les conférences introductive et de clôture du forum participent à faire oublier les déconvenues potentielles
du reste des ateliers et parcours imaginés autour de cette 20ème édition.
Petit mot de fin d’une future communicante en herbe. Je n’ai pas senti de décalage notoire entre ma vision des problématiques publiques et les enjeux
abordés ces trois derniers jours. Mais permettez-moi de me demander si je ne suis pas étrangère aux sujets abordés parce que j’ai une formation solide et que je suis en état de veille suffisant -
ce qui est plutôt rassurant voire flatteur - ou si les aspirations du 20e anniversaire de Cap’Com d’offrir une vision prospective de la communication territoriale ne se sont pas révélées
concluantes.
cette édition du Cap'Com m'a permis d'assoir ma conviction de pouvoir me réaliser dans le secteur de la
communication publique territoriale
Cela devrait me procurer une satisfaction absolue mais pourtant il n’en est rien. J’ai envie de pouvoir enrichir mes visions et élargir mes expériences, de pouvoir les remettre en question sans
cesse, les confronter à des pratiques différentes et à des réalités nouvelles. Si cette édition de Cap’Com ne m’a pas aidée à questionner le métier de communicant, elle m’a néanmoins permis
d’asseoir ma conviction, celle de pouvoir me réaliser professionnellement dans le secteur de la communication publique territoriale.
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