La 10e édition de Villes Internet qui se déroulait le 24 novembre dernier, dont
nous vous avions déja parlé, et est, avec les Rencontres d'Autrans, l'autre grand rendez-vous des acteurs du Web2.0. C'était l'occasion pour les participants de se voir décerner des Labels, mais pas seulement. Au
delà de la distinction des villes les plus investies dans la promotion du numérique au service de la citoyenneté, c'était aussi un moment de découvertes, de rencontres et de
convivialité.
par Olivier Doutrellot
Comme chaque année depuis 13 ans, les acteurs de l’Internet francophone se sont réunis afin de faire le bilan sur les tendances de la Toile et s’informer sur les mutations à venir.
À la production pléthorique d’information que l’on a pu observer durant les premières années de l’Internet, a succédé une période où les organisations
ont investi le terrain pour offrir une production ordonnée et contrôlée. Entre ces deux tendances, la mise à profit des voix individuelles dans le cadre d’une stratégie institutionnelle, tend à
devenir la nouvelle norme. C’est en effet le moyen d’offrir une information spontanée tout en évitant que la multiplicité des émetteurs ne nuise à la clarté du message.
Réseaux sociaux et savoirs collectifs. Comment coproduire et organiser les connaissances ?
Réunis grâce à l’association RESO, en charge de l’organisation des Rencontres depuis 13 ans,
des chercheurs mais aussi des animateurs d’espaces publics ont eu l’occasion d’échanger sur leurs pratiques, de prendre du recul par rapport à leurs usages du Web, d’en dégager les grandes
tendances, mais aussi de faire émerger de nouveaux projets.
Participer aux travaux d’Autrans est une expérience irremplaçable, mais nous sommes conscients que tout le monde ne peut pas y participer.
« Participer aux travaux d’Autrans est une expérience irremplaçable, mais nous sommes conscients que tout le monde ne peut pas y participer », indiquent les
organisateurs. C’est pour cette raison que les fonctionnalités du Web ont été mises à profit, permettant aux absents de suivre les Rencontres. Les séances plénières ont été diffusées grâce à la
WebTv mise en place pour l’occasion, tandis que les ateliers non filmés ont fait l’objet de comptes-rendus quotidiens sur
la WebRadio qui diffuse aussi des inteviews des participants. A noter aussi la mise en place d'un Méta-Wall pour recueillir les commentaires en direct et d'un
blog.
Le
passage du web 2.0 au web 3.0 est en marche
Les réseaux sociaux sont, eux aussi, à l’honneur : les conférences ont été retransmises sur Second Life tandis qu’un groupe Facebook avait été crée, dès avant les rencontres,
afin de permettre la constitution d’un réseau regroupant les acteurs de l’Internet francophone.
Lors du 9e Forum Mondial de l'e-democratie, une table ronde a
particulièrement attiré notre attention : «Comment le métier de communicant public est-il transformé par la technologie ?». L'occasion d'évoquer quelques applications du Web 2.0 dans
la communication publique... Retour sur expériences.
C'est Alexandre Vasilitch Torba, chef de l'administration régionale de Kaliningrad en Russie, qui a ouvert le bal, en
réussissant le tour de force de placer la Russie en pionnière de la transparence via les NTIC. Il a, pour cela, évoqué les nombreuses initiatives de sa région.
Mais bien que celle-ci soit mieux équipée en informatique que la moyenne nationale, il reste qu'une large partie de la population n'y a
pas encore accès et ne sait pas s'en servir. Ce qui limite les possibilités en matière d'e-administration, de retransmission de certaines
réunions, de l'affichage des appels d'offres à la liste des services proposés, ou encore l'information aux entreprises…
Les NTIC sont sources de transparence en France comme en Russie
Eric Legale, directeur d'Issy Média, s'est intéressé au cas de la France. Le support
papier y reste au coeur des stratégies de communication locales, Internet n'y étant qu'un moyen de varier les canaux de diffusion.
Toutefois cette approche contribue à améliorer la réactivité quant à la diffusion de l'information en même temps qu'elle permet une plus grande liberté
dans la forme et la variété des contenus.
Par ailleurs la diffusion d'informations, notamment sur le plan des finances locales, s'en est trouvée améliorée car elle permet une mise à disposition
plus dense et plus concentréedes contenus,contribuant ainsi à une plus grande
transparence.
Le support papier reste au coeur des stratégies de communication locales
Sylvie Mercier, Consultante NTIC pour les collectivités locales a ensuite évoqué le cas des
petites collectivités qui se réunissent en intercollectivités afin de mutualiser les coûts des structures informatiques.Une seule plateforme
permet donc à plusieurs voix de s'exprimer, chacune cherchant alors à se mettre en avant, même si, dans l'ensemble, chacune diffuse le même genre d'informations (essentiellement des informations
administratives et sur la vie locale).
En conclusion, elle recommande aux collectivités locales de personnaliser l'information et de mieux la cibler pour en améliorer l'efficacité tout en
évitant la saturation du récepteur. Il convient qu'elles entrent dans une logique de réseau social.
A cela s'est ajouté la constitution de fichiers de suivi informatique sur les demandeurs d’information. Ceci afin d'améliorer la qualité des
réponses et de constituer des statistiques permettant d'établir les cibles prioritaires de la communication.
Mettre en place un logiciel d'indexation pour répondre aux courriers
Enfin Jérôme Coumet, Maire du XIII° arrondissementde Paris, s'est exprimé sur la mise en place de structures
utilisant,à partir de 2001,un logiciel de ciblage de la population dans les envois de mail.Il s'agit d'éviter la saturation des récepteurs, en limitant les messages à deux par semaine et par personne, tout en envoyant quand même les informations
importantes.
Les différentes cibles ont été définies, et leurs adresses mail récupérées, grâce aux questionnaires sur support imprimé que la Mairie a envoyé aux citoyens. Le papier reste le support de
base de la communication, d'autant plus que 40 % des habitants de l'arrondissement ne désirent pas communiquer leur adresse mail.
Eviter la saturation des récepteurs, en limitant les messages à deux par semaine et par personne
L'efficacité de cette opération a été analysée à travers l'augmentation de la fréquentation des événements annoncés, le relais des informations par les blogs citoyens et le fait que les gens qui
changent d'adresse mail l'indiquent – montrant qu'ils désirent que l'information continue à leur parvenir.
Pour conclure cette table ronde, Yannick Landais Délégué Général d'ARTESI IDF et animateur de la séance, a rappelé que la mise en place d'un modèle d'administration prenant en compte les
atouts du Web dans la gestion de la communication est un acte fort sur le plan politique et que les exemples donnés pendant la séance montrent que c'est possible pour tout type
d'organisation publique.
Et pour compléter cette lecture, nous vous invitons à regarder ces deux vidéos d'Issy.tv et du Blog2Roubaix tournées pendant le forum :
Évoqué récemment sur les blogs d'Eric Delcroix
et d'Emilie Ogez, ce reportage de presque une heure diffusé par 13ème Rue nous
rappelle qu'avant d'être une technique marketing, lebuzzest une information générant un bruit repris par le bouche à oreille.
La vidéo montre comment cet aspect du buzz peut avoir des répercussions négatives et incontrôlées pour ceux qui en sont à l'origine. Et comment chacun
peut ainsi se retrouver, à son insu, "pris dans la toile" de l'araignéeGoogle.
Désormais largement employés comme technique marketing, les buzz et leurs
mécanismes feront prochainement, dans le cadre de leurs usages par les collectivités locales, l'objet d'une série d'articles dans les colonnes deblog-territorial.
Certaines collectivités n'ont pas les moyens de mettre en place d'importants services informatiques. Il existe toutefois une possibilité pour celles-ci d'utiliser les dernières innovations
technologiques apportées par le Web 2.0, pour un coût abordable.
Les discussions ont tout d'abord mis à jour le fait qu'en France aujourd'hui, principalement au sein des entreprises, il existe un décalage entre la
culture Internet et les outils utilisés. Si les seconds relèvent du Web 2.0, la première tient toujours de l'ancien Internet. La prise en compte effective de ces innovations nécessite donc de
renouveler en profondeur les comportements.
Dans un second temps, au cours de la phase bilan des
expériences passées, les participants ont insisté sur le fait que si les outils gratuits fournis dans le cadre du web 2.0 sont accessibles
en terme de prise en main, ils manquent le plus souvent d'adaptivité.
Cette journée été aussi l'occasion rappeler les impacts effectifs du passage au Web 2.0 dans les comportements et les possibilités offertes à
leurs utilisateurs :
L'Ego média qui permet à travers la multiplicité des sources de se construire son propre média ;
Le Remix illimité : Il y a une production telle d'information, que le simple fait de la synthétisé représente un apport ;
Un mégaphone planétaire qui permet universellement de s'exprimer avec très peu de moyens ;
Web Lego : il n'est plus nécessaire de prévoir un projet du début à la fin dès sa conception. Le faire évoluer est beaucoup plus facile
;
La continuité relationnelle : qui permet en passant d'un support à un autre d'être en permanence connecté au reste du monde ;
L'Open Space Asynchrone : les moyens de communication permettent de ne plus avoir à multiplier les réunions et d'avance plus vite ;
Le nuage modal permet d'accéder en permanence à toutes ses informations à travers des plateformes multimodales.
l'individus, en tant qu'artisan de la mise en place de processus de fonctionnement, est primordial
En conclusion, il est apparu qu'il était nécessaire de repenser la façon dont s'organise l'entreprise (équipes, formation, management…) afin
d'intégrer aux mieux les nouvelles possibilités du Web 2.0. Au cœur de ce dispositif renouvelé, l'individus, en tant qu'artisan de la mise en place de processus de fonctionnement, est
primordial. Dans cette optique, les jeunes, plus sensibilisés à ces nouvelles technologies ont un rôle important à jouer.
Toutefois, la recherche de la plus grande efficacité au moindre prix à tout de même un cout : leur gratuité implique une instabilité et un manque
d'assurance quant leur durée d'existence. L'absence de prix a aussi pour corollaire une mise à jour plus lente que pour les produits payants et nécessite éventuellement de changer d'outil
régulièrement afin de coller au plus près des besoins de l'organisme. Une chose que toutes les structures ne peuvent pas faire.
C'est à Aurillac, dans le Cantal que viennent de s'achever les 3e universités d'été des TIC (technologies de l'information et de la communication) pour les
territoires. Plus de 400 personnes venues de 67 départements français, mais aussi des étrangers ont participé aux débats, aux ateliers et aux nombreux échanges.
Le format de ces universités reste très humain et les contacts pour les élus ou les représentants des communes et des collectivités territoriales avec
les représentants européens, de l'État français et des différents ministères et instances, sont très productifs.
La plénière a été ouverte parRené Souchon, le
président du conseil régional d'Auvergne qui a placé ces universités sous le signe des usages. Une vidéo d'Eric Besson, secrétaire d'état chargé de
la perspective, de l'évaluation des politiques publiques et du développement de l'économie numérique a bien positionné le débat rappelant que les TIC représentent un enjeu considérable pour les
territoires.
« Il y a 2 ans, le débat c'était l'accès à Internet, aujourd'hui il reste environ 3% de la population française qui n'a pas encore accès à Internet
haut débit. Maintenant, les élus pensent services, usages et c'est bien là que nous devons axer nos efforts », souligne Vanick Berberian, président de l'association des maires ruraux de France.
Attractivité des territoires
Tous les intervenants ont insisté sur la nécessité d'intégrer les Tic et surtout leurs usages au coeur de tous les projets. « L'attractivité des
territoires passe par les nouveaux usages que nous mettrons en place pour les entreprises, les artisans, les habitants, les touristes... », confirme Frédéric Roucoul, en charge des
infrastructures et des services dans le village jurassien deJouhe.
« Nous devons concentrer tous nos efforts à mêler intelligemment l'authenticité de nos territoires et les nouvelles technologies. Ces Tic nous rendent
l'accès à la modernité. Elles donnent aussi les moyens, à chacun des territoires de développer ses propres projets », affirme Vincent Decoeur, président duconseil général du Cantal.
De nombreux retours d'expériences
L'intérêt de ces journées, c'est d'échanger, de partager des expériences diverses et à échelle d'une collectivité. Les réalisations vont de la mise en place et
l'animation de guichets de vidéo-conférence pour l'accès aux services publiques (préfecture, ANPE...) dans le Cantal, ou encore la meilleure exploitation et maintenance des systèmes d'éclairage
dans une collectivité du Nord, la mise en place de CENT (centre européen de nouvelle technologie) dans des petits villages historiques de Bourgogne, Dordogne, Italie... qui ont permis de créer
plus de 240 ETP (équivalent temps plein)... Tous les retours d'expériences sur http://www.ruralitic.com
Voir plus loin
Autre point intéressant, c'est la participation de représentants étrangers. Une intervention particulièrement
remarquée, celle deHamed Bakayoko, Ministre des NTIC de Côte d'Ivoire, qui compte plus de
60% de sa population en milieu rural et qui a des problématiques qui sont assez proches de celles de certaines très petites communes françaises. La suite de ces universités, c'est sur le site
Ruralitic où tous les supports, vidéos et interviews vont être mis en ligne début octobre au plus tard.
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