Lundi 26 juin 2006
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Un nouveau débat, intitulé La complémentarité print et web en question était ouvert le 16 mai dernier par Emilie sur le forum territorial. Rappelant des données du Quid1, elle posait la question suivante : "On parle encore beaucoup de complémentarité entre les supports print et web… Et cette mixité est certaine-
ment indispensable à l'heure actuelle, si l'on raisonne en termes de cibles et de stratégie de communication. Mais à bien y réfléchir, combien de temps encore un élu pourra-t-il parler de développement durable tout en inondant régulièrement les boîtes aux lettres de ses administrés de publications ?"
Comme le résume fort bien Stéphane : "Nous touchons là un sujet important et sans doute clé : il faut songer aux mesures qui permettront le développement de l'information sans nuire à l'économie et l'écologie !"
Concernant la question des supports papier des collectivités distribués dans les boîtes aux lettres de leurs administrés, un exemple est assez révélateur. Il s’agit de l'autocollant Stop Pub. Annonçant haut et fort "Non à la publicité dans les boites aux lettres !", l'opération n'a finalement été relayée par les collectivités que suite à l’ajout de la mention "Oui à l'information publique". D'où une question simple : faut-il vraiment, si l’on se place dans une logique de développement durable pure et dure, prendre des mesures s’appliquant tout autant au secteur privé qu’au secteur public ?
Selon Emilie, "dans la mesure où les publications des collectivités sont éphémères, et qu'une alternative électronique est possible, peut-on encore l'ignorer ? Bien des choses risquent de changer dans les années à venir."
Si la complémentarité web/print est plus que jamais de mise, notamment grâce à de belles avancées technologiques2, l’un n’est pas près de supplanter l’autre. En effet, se pose encore la question de la cible visée. Quelle thématique peut aujourd'hui être abordée tout en étant certain d'atteindre sa cible via des supports de communication 100% multimédia ? Pour Jef, "l'alternative électronique demeure encore une alternative élitiste en France... contrairement à certains pays où le téléphone local est gratuit, où Internet tourne 24h/24 et où l'ordinateur tend à remplacer la télé".
Un autre élément permet de douter que l’électronique soit une réelle alternative. Grâce au support papier, l'administré reçoit systématiquement l’information. Il reste libre d'en prendre connaissance ou pas, certes, mais chose importante : il la reçoit sans même en avoir fait la demande. Avec les supports multimédia, comment faire en sorte que tous les citoyens reçoivent l'information ?
Une fois n’est pas coutume, laissons Jef conclure. "Depuis les derniers incunables, nous vivons dans une culture du livre, de l'imprimé. On a longtemps dit que la radio, la télé allaient réduire à néant l'écrit. Puis l'arrivée d'Internet a été perçue par certains comme une révolution technologique et culturelle qui allait permettre de communiquer partout en temps réel et de démocratiser l'information, le savoir, etc. Le livre électronique a ses adeptes mais n'a pas détrôné plusieurs siècles
d'habitudes. L'imprimé qui se diffuse dans les boîtes aux lettres a la fâcheuse tendance de durer. Lit-on vraiment un journal sur Internet ? Fait-on si attention aux promotions diverses que l'on reçoit dans les mail boxes ? En général on les benne immédiatement. L'avantage des documents imprimés et des magazines de consommation, c'est qu'ils seront à un moment feuilletés par quelqu'un. On impose la marque de façon contraignante, mais cela marche..."
1 "Chaque ménage français reçoit en moyenne dans sa boîte aux lettres 50 kg par an de publicités et de journaux gratuits. Coût d'élimination par les collectivités locales : 230 millions d'euros."
2 cf. article relatif à la version en ligne du magazine de la région Rhône-Alpes
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