Mercredi 19 août 2009
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15:44
À l’occasion de son dixième anniversaire, le Forum mondial de l’e-Démocratie –qui se tiendra à Issy-les-Moulineaux les 22 et 23 octobre 2009 – met en avant un nouveau format qui lui
permettra de développer ses nouvelles ambitions. L'heure n'étant plus à la théorie mais à la pratique, le Forum veut valoriser davantage encore celles et ceux qui, chaque jour, agissent pour
construire la société numérique au service des citoyens.
Depuis quelques années déjà l’un des temps fort de cette rencontre est la remise du trophée mondial et du trophée français de l’e-Démocratie
Blog-territorial, en collaboration avec le Forum, s’associe à l’événement et organise la remise de ce titre.
Il sera décerné à l’institution ayant proposé en
2009 les outils ou les initiatives les plus innovants en matière de démocratie en ligne.
La liste des 10 prétendants à ce trophée est en
cours de finalisation mais nous ne voulons oublier personne! C’est pourquoi toute nouvelle proposition nous intéresse: si vous avez connaissance de villes, régions, collectivités ayant développé
un concept original cette année, n’hésitez pas à nous transmettre les références de ces insitutions. Notre liste n’en sera que plus exhaustive et reflètera ainsi plus largement l’évolution et les
progrès de l’e-Démocratie en France.
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Vendredi 14 août 2009
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17:01
Les WWW reviennent ! Dans un
précédent article, nous vous parlions déjà de cette signature auwwwergnate qui décidément fait parler d'elle.
Le buzz de l'été n'était pas encore sorti jusqu'à ce qu'en début de semaine un mystérieux teaser annonçant que "cette année la tentation ne sera pas là où nous l'attendons" envahisse la toile. Les internautes ont lancé
les paris pour découvrir qui se cachait derrière cette vidéo. Ce n'est qu'aujourd'hui que la révélation est tombée : c'est encore un coup de l'Auvergne, qui décidement n'a pas froid aux yeux.
Des urbanophiles aux disparus de l'Auwwwergne, cette région n'en est pas à son coup d'essai en terme d'audace. Mais l'innovation et l'ouverture d'esprit du territoire se retrouvent surtout sur son
réseau social. Il s'agit d'une plateforme de blog qui valorise l'Auvergne, sa créativité, sa vie locale...et qui - on en est sûr - durera
plus que le temps d'un buzz !
Quoi qu'il en soit cette initiative de la région Auvergne risque bien de faire du bruit.
Première émission de web-réalité organisée par une collectivité locale, l'Auwwwergne de la tentation parodie les
émissions de télé-réalité dans une ambiance décalée. Après un casting lancé début septembre et durant un mois, les huit candidats sélectionnés se verront offrir un week-end en
Auvergne.
Au menu : voyage en hélicoptère au-dessus des volcans de l’Auvergne, soirée VIP, matinée détente et bien-être,
hébergement dans un hôtel 4*, accueil en limousine ou diner dans un restaurant de spécialités auvergnates…C'est au cours de ces 3 jours fort alléchants que l'émission sera tournée. Une
série d'épreuves décoiffantes attendent les participants.
Pour participer, les candidats devront simplement envoyer une vidéo drôle et déjantée les mettant en scène pour
convaincre "l'impitoyable Jury auwwwergnat que cette aventure est faite pour eux".
A travers cette communication osée, le Conseil Régional ne cherche plus à valoriser le numérique en
Auvergne mais plutôt à promouvoir le territoire lui-même en démontrant que l'Auvergne est bien plus attractive que nous pourrions le croire. Et quelle façon plus originale que celle qui nous
est proposée aujourd'hui ! Mettre en scène de "vrais candidats" à qui l'ont fait découvrir les trésors de cette région avec humour et bonne humeur: ça change des vidéos plus institutionnelles
et classiques que nous proposent les autres régions.
Alors si la curiosité vous donne envie d'aller plus loin, n'hésitez pas à vous rendre sur www.auwwwergne.com mais
n'oubliez pas, l'humour en Auvergne est roi.
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Lundi 10 août 2009
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11:00
par Justine Toqué
Qui aurait un jour pensé que ville et plage pouvaient cohabiter ? Découvrir la ville sous un nouvel angle, aménager
un espace public pour donner un air de vacances à un environnement citadin, tel est l’objectif que se sont donné petites et grandes villes françaises depuis quelques années. Alors, plages urbaines,
enfer ou paradis éphémère?
C’est en 1996 que naît la première plage urbaine française à Saint-Quentin, dans l’Aisne. Mais c’est surtout depuis 2002,
été de l’inauguration du Paris-Plage imaginé par Bertrand Delanoé, que l’on observe un véritable « boom » de
ces plages éphémères. Peu à peu, le concept est devenu un incontournable de l’été qui a déjà séduit de nombreuses villes.
Depuis le succès de Paris-plage, les plages urbaines sont devenues un incontournable de
l'été.
Cet été, si, près d’un Français sur deux n’a pas les moyens de s’offrir des vacances, ils peuvent se laisser tenter par les plages urbaines d’une trentaine de villes françaises, principalement
situées en région parisienne. Des manifestations placées sous le signe d’un « été solidaire, dans un contexte économique difficile » comme l’a expliqué le maire de la capitale ou comme
cette vidéo sur la ville de Puteaux.
Les bords des fleuves se recouvrent de sable blanc et même certains centres-villes s’y mettent, comme la ville de
Saint-Quentin en Picardie qui propose une baignade rafraîchissante sur la place de l’hôtel de ville.
Au milieu de parasols colorés, on croise des gens de tous âges venus profiter de l’expérience, arpentant les bords de
Seine devenus bords de mer. Rien n’est trop beau pour faire plaisir, et chaque année, les collectivités font appel à leur imagination et multiplient les activités pour en mettre plein la vue aux
habitants (et accroître leur côte de popularité). Par exemple Toulouse inaugure cet été une base nautique pour canoë et aviron qui a déjà
fait son effet sur les habitants. Grâce à ces initiatives, les villes enrichissent leur image touristique et attirent les franciliens comme les touristes.
Chaque année, les collectivité font appel à leur imagination et multiplient les initiatives pour
faire plaisir aux habitants et aux touristes.
Bien qu’il ne manque que le bruit des vagues et les coquillages, cela n’est-il pas trop beau pour être vrai ? Quel
est l’envers du décor de ce principe très « 21e siècle » ? Cap sur le dessous des plages urbaines, où la réalité rattrape vite l’illusion de paradis.
D’abord,
habiller les pavés de sa ville de sable blanc coûte cher en aménagement et en entretien. Cette année, la mairie de Paris a
déboursé 2,5 millions d’euros pour monter Paris-Plage. Pourtant, elles peuvent souvent compter sur les partenaires privés, qui profitent sur ce rendez-vous annuel pour « faire leur
pub » en affichant leur marque dans les différentes animations sportives et culturelles proposées. C’est un donnant-donnant entre les collectivités, qui utilisent ces partenariats pour
financer leur projet, et les entreprises, qui s’assurent de la visibilité lors de ces événements. Pourtant, les sponsors n’investissent pas dans toutes les villes, et certaines en manquent et
vont piocher dans les impôts, ce qui ne ravit pas toujours les habitants…
À manifestation politique, enjeux et polémiques politiques. Dans certaines villes, les critiques
vont
bon train contre la mairie.
De nombreux internautes se déchaînent contre Paris-Plage notamment, en condamnant une mauvaise gestion des fonds publics, un « gaspillage » de l’argent des contribuables qui pourraient
servir d’autres initiatives plus urgentes dans cette période de crise. Se pose aussi le problème de la gratuité des plages. À ce sujet, un débat houleux a secoué la ville de Puteaux (92), les socialistes accusant la majorité municipale de réserver le site exclusivement aux putéoliens, ce qui rendait l’accès trop cher
pour les autres. Cette année, la ville a choisi de faire payer tout le monde, même si l’entrée reste plus abordable pour les résidents.
Certains critiquent le "gaspillage" de l'argent des contribuables qui pourraient servir d'autres
initiatives plus urgentes dans cette période de crise.
Enfin, l’esprit et l’air de la ville sont toujours là. Même quand on ferme les yeux et que l’on tente de se laisser
emporter par la douceur d’une journée de farniente, on reste troublé par le bruit des voitures, la vue des immeubles ou l’odeur de la pollution dont il est difficile de faire abstraction. Et
forcément, l’envie est moins pressante de plonger dans un fleuve nidoreux que dans la belle mer du Sud… pas de doute possible, on reste à la ville !
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Jeudi 30 juillet 2009
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15:14
par Jeanne Bonnemay
La France serait-elle plus religieuse, attachée à ses valeurs familiales, solidaire ou égalitaire que nous l’aurions
cru ? Serait-elle plus fainéante, archaïque et inadaptée que nous l’avions remarqué ? Se réveiller un dimanche pour découvrir cela a de quoi laisser sans voix. Heureusement, l’adoption de la
proposition de loi sur le travail le dimanche se charge de délier les langues. Journalistes, bloggeurs et hommes politiques commentent, louent, accusent ou récusent cette loi symbolique pour
les deux camps.
Pour bien comprendre, rappelons que la loi sur le travail le dimanche a été adoptée par
le Sénat le 23 juillet dernier après de nombreux ratés (elle avait déjà été présentée trois fois). Les dispositions de cette loi - et leurs conséquences - sont discutées dans les rangs de
l’opposition (qui trouve, grâce à cette proposition, une certaine unanimité) mais également dans ceux de la majorité: elle a obtenu la plus faible majorité au Sénat depuis la rentrée
parlementaire.
Le repos dominical reste la règle mais les
dérogations sont élargies et différenciées entrainant des débats sur l'égalité de cette mesure et son efficacité.
La loi ne proclame pas la généralisation du travail le dimanche: le repos
dominical reste la règle. Mais les dérogations à ce principe sont élargies. Pour exemple, nous citerons les deux dispositions les plus controversées. Premièrement, dans les zones touristiques ou
thermales, tous les commerces pourront ouvrir le dimanche et cette ouverture sera de droit (sans compensation pour les salariés et sans volontariat). Deuxièmement, dans les agglomérations, où les
PUCE ("périmètres d'usage de consommation exceptionnel") sont créées, le travail dominical sera possible mais sur la base du volontariat des salariés et d’une contrepartie salarial.
Les débats autour de cette loi sont nombreux. D’un coté, l’inefficacité économique, la rupture du principe d'égalité inhérent à notre régime (différentes catégories de salariés sont créées
suivant leurs localisation géographiques), la destruction des fondements de notre société, des valeurs familiales et des acquis sociaux qu’amèneraient cette loi sont dénoncées.
De l’autre, on se félicite de la plus grande protection des salariés par la régularisation de situations existantes, de la modernisation du pays plus travailleur, productif et donc connaissant
une plus forte croissance qu’entraineraient ce changement.
Ce sont donc deux symboles et leurs antithèses qui s’opposent dans les discussions autour de cette loi : d’une part l’image d’une France solidaire décomposée par cette loi pour devenir
individualiste et égoïste. D'autre part celle d’une France productive et moderne qui se bat contre les freins d’une France retardée et irréformable.
Dans les deux camps, chacun ménage la chèvre et le chou pour faire gagner ses arguments sur le plan des idées: certains socialistes et hommes de gauches se font - après avoir plusieurs fois crié
au cléricalisme depuis le début du quinquennat - les défenseurs du droit des catholiques à leur sacro-saint « septième jour » de repos et les apôtres des valeurs familiales. Des parlementaires de
la majorité défendent la protection que cette loi apporterait aux salariés sans s'émouvoir de la possible remise en cause de certaines valeurs due à cette loi.
L’adoption de cette proposition se fait donc bruyamment. Bien normal si l’on considère le sujet. Mais ne ferait-elle pas beaucoup de bruit pour rien ? C’est du moins ce que nous pourrions
considérer si nous étions dans les petits papiers du Conseil Constitutionnel. Ce débat passionné se transforme en ersatz sans conséquence si l’on considère la probabilité importante de censure du
Conseil constitutionnel au nom du principe d’égalité. L’avenir nous dira si nous avons eu affaire à une véritable question de société ou à un sketch politicien dans lequel chacun a joué son rôle
à merveille.
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Jeudi 16 juillet 2009
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15:07
L’agence IDcommunes et l’institut d’études CSA, en partenariat avec Cap'Com, lancent le baromètre de la communication locale 2009, premier en son genre, destiné à mesurer le rapport des Français à cette
communication. Quelles conclusions ressortent de cette étude ? Quelles applications pouvons nous en faire ?
Quel rapport les Français entretiennent-ils avec la communication locale? C’est à cette question, essentielle pour tout responsable de communication locale, que tente de répondre
l’étude.
Ce baromètre de la communication locale - réalisé auprès d’un échantillon représentatif de 1004 personnes âgées de 18 ans et plus - se propose de brosser un portrait de la communication
locale, de mesurer les pratiques, l’intérêt et l’impact de la communication locale et de ses supports à l’échelle des communes, des intercommunalités, des départements et des
régions.
Une demande de communication
locale perçue comme utile à tous les niveaux malgré une méfiance toujours présente.
Contre toute attente, la communication locale n’est pas perçue par les Français comme un gaspillage. Leur demande de communication est forte : à la question « pensez-vous que
dans votre commune, d’une manière générale, il y a trop de communication, pas assez de communication ou ni trop, ni pas assez de communication ? » 36% d’entre eux estiment qu’il n’y
a pas assez de communication, contre seulement 2 % qui pensent qu’il y en a trop, 60 % estimant que le juste milieu est atteint.
Cette exigence de communication se porte sur tous les niveaux de collectivités territoriales, les mal aimés des élections n’étant pas en reste : l’actualité de chaque collectivité intéresse au
minimum 83% des sondés et 62% des Français sont intéressés par l’actualité des 4 types de collectivités territoriales, même si les communes, avec 93% d’intéressés, demeurent
le centre de préoccupation principal des Français en matière de collectivité territoriale.
Les Français perçoivent fortement l’utilité de la communication locale (83% tout à fait ou plutôt utile) et
son application dans leur vie quotidienne. L’information locale leur offre des renseignements profitables sur les services publics, l’actualité, les grands projets de territoires.
Cette satisfaction des Français ne se retrouve cependant pas dans tous les domaines et la communication locale demeure source de méfiance. Elle ne parvient pas à donner le sentiment
que les élus sont proches des préoccupations des Français. Ces derniers estiment de plus que l’information est insuffisante sur les budgets, les dépenses publiques – deux sujets
hautement politiques et polémiques - alors qu’en ces temps de crise, l’inquiétude des Français sur l’argent public ne fait que croître. La répartition des rôles entre les collectivités
territoriales, véritable serpent de mer de l’organisation administrative française, n’est également pas clairement appréhendée.
la communication locale
participe à la valorisation du territoire et au quotidien des habitants mais possède un faible impact sur la participation des citoyens à la vie publique locale.
Il ne semble donc pas anormal que la communication locale participe à la valorisation du territoire et au quotidien
des habitants (image positive du territoire, changement d’habitude, information sur l’actualité du territoire) mais possède un faible impact sur la vie publique locale et la
participation des citoyens à cette dernière.
Elle reste très en retrait sur la compréhension de la vie politique locale (54% des sondés), la proximité des élus ou
l’incitation à la participation des citoyens (46% des sondés). Ce constat d’insuffisance peut être relié au manque de transparence décelé par les citoyens, sans doute d’autant plus
mal perçu que la communication touche des sujets politiques.
le support papier plébiscité
malgré l'attrait des jeunes et des urbains pour les nouveaux outils
Le support papier reste plébiscité par 89% des répondants (personne n’y voit aucun intérêt). Les supports Internet sont également largement appréciés des Français, 77% y trouvent un intérêt. Toutefois 15% n’y voient aucun intérêt, preuve
que les nouveaux outils ne sont pas encore totalement ancrés dans les pratiques des Français.
Plus en détail, il est notable de constater que les habitants des collectivités rurales et les personnes âgées
ont davantage recours aux modes d’information directs (événement locaux, relations interpersonnelles
avec les élus et les autres habitants, réunions publiques) et aux outils de communication
« traditionnels ».
À l’inverse, les habitants des zones urbaines et les jeunes utilisent plus les modes d’informations liés aux
nouvelles technologies. C’est également le cas des membres des CSP+ à l’inverse des membres des CSP- qui regardent plus les chaines régionales et les journaux gratuits pour
s’informer.
Ce baromètre renouvelé tout les 2 ans devrait permettre aux communicants territoriaux d’évaluer l’efficacité de leurs
actions sur l’information et l’opinion des habitants.
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Lundi 6 juillet 2009
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17:45
par Magali Grange
De nombreuses questions ont été abordées : la réalité des marchés de communication sur les plans
juridique et statistique (ce qui se résume, dans ce cas, à une absence criante de données), la spécificité des marchés de communication, la place des services communication au sein des
collectivités, etc. Mais ce sont les questions d’ordre éthique qui ont généré le plus de débats (et de tensions), les attentes des agences vis-à-vis des collectivités, et vice-versa, étant
fortes.
Vers une plus grande transparence
Les marchés publics de communication donnent lieu à des pratiques courantes qui, sans être systématiques, sont anormales,
voire illégales, mais l’envie de développer les bonnes pratiques est tout aussi réelle. Reste à trouver un consensus.
Certaines pratiques ne dépendent que de l’honnêteté des collectivités et des agences. Côté
collectivités, il y a les marchés dont le gagnant est connu à l’avance et les consultations abandonnées en cours de route, qui monopolisent inutilement le temps et l’énergie des prestataires.
Le « saucissonnage » est aussi une tendance. Il s’agit d’une division délibérée, et totalement illicite, d’une commande en plusieurs autres pour être au-dessous du seuil des
20 000€ qui contraint à recourir à un marché public. Pour Benoît de Laurens (agence Lowe Strateus), l’objectif est d’aller le plus vite possible en subissant un minimum de contraintes, «
raccourcissement du temps » qu’il identifie comme un tournant.
Il a pu être reproché aux agences de
faire des propositions d'un niveau très faible, prenant les collectivités pour des "imbéciles".
Côté agences, notons une propension au dumping qui fausse la concurrence ou à l’inverse au gonflement des prix pour
atteindre le plafond de l’enveloppe budgétaire dès lors qu’elle est indiquée (ce qui conduit les collectivités à hésiter à dévoiler cette information). Il a pu également leur être reproché de
faire des propositions d’un niveau très faible, prenant les collectivités pour des « imbéciles ».
D’autres pratiques font davantage débat. Idéales sur le papier, elles se heurtent parfois durement à la réalité. Premier
point d’achoppement, l’indemnisation des perdants qui reste rare, alors qu’un travail de plusieurs jours a été fourni, notamment pour proposer des réalisations graphiques, qui peuvent être de
véritables maquettes. Comment fixer le montant d’un tel dédommagement ? Certaines collectivités, en particulier les plus petites, n’auraient pas les moyens de payer même la plus petite somme, à
moins peut-être de la prévoir dans le budget initial de la commande. Une autre solution consisterait à faire des demandes mieux proportionnées, ne nécessitant pas d’exemple graphique. Mais
comment juger ?
Nombreuses sont les décisions prises
sur le mode "J'aime"/"J'aime pas" par les élus, faisant fi des recommandations de la commission d'appel d'offre.
Les critères de choix du vainqueur font eux aussi l’objet de mésententes. Nombreuses sont les décisions prises sur le
mode « jaime »/« j’aime pas » par les élus, faisant fi des recommandations de la commission d’appel d’offre. Toutefois, l’élu dispose de la légitimité que lui confère son élection et doit être
capable de soutenir son choix. L’idéal serait alors qu’il valide le cahier des charges, mais en a-t-il seulement le temps ? Il est de manière générale frustrant de ne pas connaître la cause de sa
défaite. Les prestataires sont en droit de demander les comptes-rendus d’analyse des offres et de la commission d’appel d’offre, dans la mesure où cela n’entrave pas le droit à la propriété
intellectuelle, mais il est encore difficile d’obtenir de tels documents.
Essayant de prendre le taureau par les cornes, Angers
élabore à l’heure actuelle une charte des marchés publics créatifs, réunissant les acteurs concernés, pour partager les pratiques vertueuses à l’échelle de la région.
Un besoin d’échange strictement encadré par la loi
Parce que les objectifs et les enjeux d’une commande ne sont pas toujours lisibles (ni conscients)
dans le cahier des charges, échanger est une nécessité. Echanger entre commanditaires et prestataires, mais aussi entre service communication et service des marchés. Des tentatives dans ce sens
se font déjà jour, mais leurs initiateurs ignorent parfois qu’elles sont interdites ou à la limite de la légalité. La présence de Maître Guillou a permis de lever le voile sur la
question.
Ce sont sans doute les marchés à
procédure adaptée qui laissent aux acteurs la plus grande marge de manoeuvre.
Ce sont sans doute les marchés à procédure adaptée qui laissent aux acteurs la plus grande marge de manœuvre. Variations sur le thème : appel à candidature - sélection de candidats -
transmission du cahier des charges ; dossier de candidature comprenant une notre d’intention de 2 pages - sélection de candidats - entretien collectif ; cahier des charges succinct - sélection de
deux candidats - appel téléphonique pour discuter du projet et des prix, etc.
Bien qu’intéressants deux de ces trois exemples sont proscrits pas la loi. Méthode courante en Italie et aux Etats-Unis, l’entretien collectif n’est pas permis en France car il est considéré
comme un « nid à ententes ». Les offres doivent rester anonymes et confidentielles. Quant aux appels téléphoniques, ils sont ou non les bienvenus selon l’avancée de la procédure. Dans tous les
cas, négocier les prix à la baisse est défendu.
Des progrès sont encore à accomplir
pour que les principes de transparence et d'égalité des participants soient effectifs
La procédure de dialogue compétitif favorise également les échanges entre le commanditaire
et le prestataire. Procédure élaborée en partenariat avec les agences, elle permet aux deux parties de se jauger et d’éviter les réponses « à côté ». Il s’agit néanmoins d’une procédure lourde et
coûteuse, qui reste dérogatoire : pour qu’elle soit valide il faut que la collectivité sache ce qu’elle veut sans savoir comment y parvenir.
Des progrès sont encore à accomplir pour que les principes de transparence et d’égalité des participants soient effectifs
concernant l’ensemble des marchés de communication. Mais les procédures se sont déjà perfectionnées et les initiatives telles que le Livre blanc que publiera Cap’ com à la rentrée laissent
augurer des changements en ce sens.
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