Mercredi 20 août 2008
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par Franck Confino
Bernard Béguin – BB pour les intimes – s’en est allé samedi 16 août au matin, à l’hôpital de Fréjus où il passait des vacances méritées avec sa famille. Il a été emporté par une bactérie, une
"saloperie" comme il disait : une légionellose qui a vaincu son organisme affaibli par un myélome - putain de crabe ! - contre lequel il luttait avec courage depuis 4 ans. La
cérémonie a lieu ce matin, au crématorium de Lille Métropole à Wattrelos (59).
Ancien journaliste, communicant passionné (d'un office HLM d'abord, de
plusieurs collectivités territoriales ensuite), consultant pour l'agence Sous tous les angles, Bernard Béguin faisait surtout partie de l'équipe "historique" du Cap'Com. En quelques
années, il avait réussi à faire monter en puissance ses listes de discussion comme l’audience de son portail Internet, Pcompublique, dont il était le célèbre édimestre. Nous n’y lirons plus ses
humeurs, ni ses coups de cœur et de gueule. Il avait également fondé l'Union Nationale des Professionnels de la Communication Publique, qui regroupe désormais une centaine de personnes.
Aussi divers qu'ils paraissent, tous ces profils se rejoignent en réalité autour d'une seule idée : l'intérêt général, et d'un combat : la nécessaire présence d'une médiation entre les citoyens
et leurs élus.
C’est avec beaucoup d’émotions que son amie de toujours, Dominique Mégard, nous a annoncé son décès : « Nous ne recevrons plus ses messages qui
interpellaient, incitaient encore et toujours, tous et chacun à se battre pour la vérité de l’information et de la transparence de la communication dans les collectivités et dans le "public". Il
n’en ignorait pourtant rien des arcanes et des difficultés lui qui les avait vécues au point de déplaire et de devoir quitter un poste et une ville à qui il avait beaucoup donné. Il était depuis
toujours convaincu que la communication publique avait une vraie vocation : celle d’être porteuse de démocratie, de sens pour le service public, pour le service des publics. Le "citoyen" pour
lui, c’était d’abord et avant tout "quelqu’un"… Cap’Com est en deuil… Il va nous falloir apprivoiser l’absence… »
Durant toute sa carrière, Bernard a travaillé pour la reconnaissance de ce métier qu'il aime tant, pour sa professionnalisation. Il tenait à
donner à ses éditos une ligne "pratico-pratique", comme il disait, destinée à fournir aux acteurs de la communication publique les derniers outils, les dernières informations pouvant améliorer
leur travail et créer, améliorer ou entretenir ce lien indispensable entre les dirigeants et les habitants.
Mais son ambition a fait des émules. Peu crédibles il y a encore 20 ans, les communicants publics ont petit à petit trouvé leurs places au sein des cabinets d'élus,
des administrations ou des collectivités. Leur rôle s’est affirmé et leur travail progressivement professionnalisé. Aujourd'hui, débarquent de formations spécialisées de jeunes communicants,
fraîchement sortis de leurs examens et pour qui la notion même de communication publique n'a, grâce à Bernard Béguin, plus de comptes à rendre à personne.
Son dernier fait d'arme pour la légitimité des communicants publics remonte à cette proposition de loi déposée par Pierre Morel-A-L'huissier, le 14 février
dernier, visant à limiter les dépenses
de communication des
collectivités. D'après le député, « Les dépenses de communication dans le budget des collectivités territoriales [...] ne sont pas toujours très lisibles
ni justifiées auprès des citoyens. [...] ». Outre le Manifeste signé par plusieurs centaines de personnes en quelques jours, Bernard Béguin, en gardien du temple, avait travaillé pour
que le député de la Lozère intervienne sur Pcompublique, en vain. Philosophe, il concluait alors en citant Brecht : « Celui qui combat peut perdre, mais celui qui ne combat pas a déjà
perdu ».
Fidèle à ses convictions, Bernard est mort "aux combats" – pour la profession et contre sa maladie. C’est à nous tous, ses amis, ses lecteurs, qu’il revient
aujourd’hui de reprendre le flambeau pour faire gagner ses idées, qui sont celles de tous les communicants publics.
Bernard était, enfin et surtout, un ami. On pouvait passer des heures, à parler des "joies des collectivités" ou simplement à refaire le monde. Il m’avait
beaucoup parlé de la Chine, ce pays qu’il aimait tant, et s’en est allé en plein J.O. de Pékin. En ce jour de deuil, toute l’équipe de blog-territorial se joint à moi pour adresser ses sincères
condoléances à sa femme Laurence et ses filles Hélène, Emmanuelle et Mathilde. Nos pensées vont aussi à Dominique, son amie de toujours, à toute l’équipe du Cap’Com et à tous ceux qui l’ont
aimé.
Comme nous le rappelle Dominique, il écrivait, il y a quelque temps : « J'aime souvent comparer notre "communauté internautique" à un voyage "au long cours"
: le chalutier, les mouettes qui suivent, les "coups de tempête", le cap à garder, les mutineries parfois... Mais aussi, un superbe équipage avec des matelots que nous embarquons dans chaque
port, qui viennent apporter leurs compétences des Océans de la Com', à chaque escale... Moi qui n'ai rien d'un marin, l'image me convient assez... ».
Soyons tous et chacun un peu matelot. Que tous ceux qui l’ont croisé, connu, interpellé, aimé envoient des messages, textes... sur la boîte arevol@cap-com.org ou sur la mail-list
cap-com@cap-com.org. Ils seront prochainement en ligne sur Pcompublique et sur la liste.
Tu nous manques déjà Bernard…
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