Portraits

Vendredi 7 juillet 2006 5 07 /07 /Juil /2006 00:01

par Franck Confino

 

A la tête de la cellule Accessibilité du Web de l’association BrailleNet1 (propriétaire du label AccessiWeb2), Pierre Guillou est au cœur de
toutes les questions relatives à l’accessibilité.
A travers un état des lieux sans concession, « Monsieur Accessibilité » dessine les contours
d’un avenir empli de belles perspectives.

 

 

Blog-territorial (B-T) : Comment êtes vous devenu « Monsieur Accessibilité » ?

Pierre Guillou (P.G) : Mon parcours m'a amené à m'intéresser très tôt aux Nouvelles Technologies de l'Information et de la Communication, via des applications très concrètes. De fil en aiguille, j'ai pris connaissance des aides qu'apportaient les nouvelles technologies aux personnes handicapées, notamment handicapées visuelles. C'est ainsi que j'ai rejoint l'association Braille.net, dont je suis devenu salarié en 2003, après y avoir été bénévole. A la direction de son département Accessibilité du Web, c'est en commençant à structurer les différentes approches de l'accessibilité qu'Accessiweb est né. Accessiweb n'est pas seulement un label. Ce sont des formations, un service d'information, des projets de recherche (ADELA, WAI-TIES) ou encore un concours comme les récents Trophées AccessiWeb qui avaient pour but d'informer les étudiants, ceux qui seront plus tard en charge de l'évolution du Web et des règles concernant l'accessibilité.

 

B-T : Les collectivités se tournent-elles spontanément et directement vers vous pour une expertise ?

P.G : Nous recevons énormément d'appels. Pour les personnes du service public, notre rôle est clair : celui d'un kiosque d'information proposant un bouquet de services et d'accompagnements possibles. Avec la récente obligation légale de rendre les sites publics accessibles, beaucoup de directeurs de la communication, webmestres et responsables territoriaux prennent connaissance de nos structures et nous contactent de facto.

 

 

Extrait n°1

 

 

 

B-T : Quel regard portez-vous sur la loi3 du 11 février 2005 ?

P.G : En fait, nous ne sommes concernés que par l’article 47 de cette loi. Cet article, qui concerne les sites publics, est à mon sens assez bien formulé puisqu'il impose d'abord une obligation, ensuite un cadre méthodologique (le référentiel4 Accessibilité de l’ADAE), et enfin un délai de trois ans pour la mise en conformité. Mais c'est surtout le décret d'application qui permettra d'assurer réellement le respect de la loi.

B-T : A ce jour, combien de collectivités affichent le label AccessiWeb ?

P.G : Il faut différencier les sites qui affichent un respect des critères, par exemple le label AccessiWeb, de ceux qui respectent effectivement les critères du référentiel d'accessibilité… et qui sont certainement plus nombreux. Le label n'étant pas obligatoire, on dénombre actuellement 14 sites l'affichant (je ne dispose pas de statistiques concernant les autres).

B-T : Parmi les différents outils d'accessibilité, certains vont-ils s'imposer comme des « standards » ?

P.G : Aujourd'hui, le champ de l'accessibilité a passé un cap. Tout le monde est plus ou moins informé d'une obligation et d'une définition générale de l'accessibilité. Maintenant nous entrons dans le cap industriel. Quels sont les outils nous permettant de rendre les sites accessibles en masse ? Il faut des outils qui, même s'ils ne peuvent pas tout faire, doivent aider les développeurs de sites. Parmi eux, il y a la première gamme, qui est la base : l'outil d'évaluation. Il peut être automatique et en ligne, et permet alors d’obtenir un rapport d'évaluation du site en spécifiant simplement son URL. Il peut également être manuel, comme les barres s’intégrant dans Internet Explorer ou Firefox, et permettre de vérifier, point par point, chaque critère d'accessibilité. Ces deux types d'outils sont la base de tout en matière d'accessibilité.

 

 

Extrait n°2

 

 

 

B-T : Les efforts et moyens actuellement engagés par les collectivités vous semblent-ils suffisants ?

P.G : Il y a différents niveaux. En France, bien que légèrement en retard par rapport aux pays nordiques, nous avons enfin un cadre légal. Le plus intéressant est sans doute le cadre méthodologique, avec un référentiel. Il manque aujourd'hui la phase réelle d'implémentation. Certes, elle prend forme, mais reste encore insuffisante… notamment parce qu'il va falloir accompagner les collectivités. Si le discours tenu aux collectivités est « prenez ce référentiel et appliquez-le », cela ne fonctionnera pas. L'accessibilité demande que les personnels soient formés et que la chaîne de production de l'information électronique soit revue, au sein des services, de manière à s'assurer que ce qui est mis en ligne soit accessible, et de manière pérenne. Nous ne serons donc réellement optimistes que lorsque le service public se dotera de moyens pour réellement aider les collectivités à faire le pas… et pas seulement en se contentant de leur remettre un document ! Il faut passer à cette étape d'accompagnement.

B-T : Quelle structure d'Etat pourrait jouer ce rôle ?

P.G : A ce jour et à ma connaissance, il n'y en a pas. L'ADAE qui était à l'origine du référentiel, et avec qui nous avons co-écrit ce document, s'est aujourd'hui transformée en Direction générale pour la Modernisation de l'Etat (DGME)… et je n'ai pas eu vent de l'existence d'un « Monsieur Accessibilité » à la DGME. D’ailleurs, les collectivités appellent directement l’association BrailleNet et ne cherchent pas à joindre la DGME. Puisqu’il n’y a pas de service public mis en place pour aider les collectivités, l’association BrailleNet joue de facto ce rôle-là.

 

B-T : Pour jouer ce rôle, n'auriez-vous pas désormais vocation à être rattachés à un service public ?

P.G : Bien sûr ! C'est une mission que nous assumons déjà en pratique depuis de nombreuses années. Encore faudrait-il que nous recevions une demande officielle de l'Etat…

 

 

Extrait n°3

 

 

 

B-T : Quelles sont les perspectives des cinq prochaines années ?

P.G : L'harmonisation au niveau européen va être un vrai moteur pour l'intégration des personnes handicapées, mais aussi des seniors et de toutes les populations qui peuvent être déphasées par rapport à la société de l'information. L'Europe a une exigence très forte envers toutes ces personnes et a enclenché des plans très clairs :

1)L'utilisation des normes internationales (notamment celles du W3C/WAI5).

2)L'harmonisation des méthodologies d'application de ces normes dans tous les pays d'Europe. A cet effet, BrailleNet a participé au projet européen Support-EAM6 dont l'objectif était d'harmoniser l'évaluation des sites dans différents pays et proposer une stratégie pour la création d’une marque de qualité en Europe. La première version de cette méthodologie7 sera officiellement publiée cet été.

3)A l'instar des contrôles qualité dans une chaîne de production : le contrôle de l'accessibilité des sites Web public. L'objectif est de voir s'ils augmentent leur niveau d'accessibilité mais aussi le conservent. A ce titre, nous avons étudié, toujours au sein de Support-
EAM, différents modes de certification, en proposant plusieurs schémas8. L'Europe devrait prendre position prochainement et il n'est pas impossible qu'il y ait une direction choisie qui s’appliquerait à tous les sites.

 

Nous verrons sûrement naître un label européen et la suppression des frontières de l'accessibilité grâce à l'harmonisation. Qui dit harmonisation dit possibilité d'innovation. Les industriels multimédia se mettront donc enfin à intégrer l'accessibilité au sein de leurs produits. Ils pourront le faire parce que ce sera la même accessibilité dans tous les pays d'Europe : ils n’auront pas besoin de développer différentes versions pour chaque pays comme c’est actuellement le cas. Cela représentera des économies substantielles de développement. Comme l'ont réaffirmé les pays européens à la conférence de Reagan, tous les outils d'accessibilité devront être opérationnels en 2010.

 

 

Extrait n°4

 

 

B-T : Pour conclure, quelle serait votre définition de l'accessibilité ?

P.G : Celle de Tim Berners-Lee9, le père du W3C « permettre à toute personne quelle qu’elle soit de disposer de la même information, quel que soit son moyen d'accès ». Il faudra savoir différencier ce qu'est l'information de sa mise en page, au-delà du clivage personnes handicapées / non handicapés qui est un faux débat. Dans une société où les moyens d'information se diversifient, les gens y accèdent par différents terminaux numériques : PDA, GSM, télévision numérique, etc. A la question « faudra-t-il faire autant de sources d'informations qu'il y a de moyens d'accès ? », la réponse est bien évidemment non. Une même information accessible par tous, quels que soient les moyens d'accès : telle est la définition universelle… qui dépasse le cadre des personnes handicapés, même s’il est à l'origine de cette réflexion. Tout le monde est concerné.

 

1 Association BrailleNet : http://www.braillenet.org
2 AccessiWeb : http://www.accessiweb.org

3 Loi n° 2005-102 : http://www.legifrance.gouv.fr/WAspad/UnTexteDeJorf?numjo=SANX0300217L
 
4 Référentiel Accessibilité ADAE:
http://www.adele.gouv.fr/spip/article.php3?id_article=246.
5  WCAG de W3C/WAI:
http://www.w3.org/WAI/intro/wcag.php
6 Projet Support-EAM : http://www.support-eam.org
7 UWEM (Unified Web Evaluation Methodology) : http://www.wabcluster.org/
8 Lire le document officiel sur la certification de l’accessibilité des sites Web en Europe : http://www.accessiweb.org/_repository/files/version_francaise_CWA_WAC_15554_20juin2006.doc
9 Tim Berners-Lee, de son nom complet Sir Timothy J. Berners-Lee, né le 8 juin 1955, est l'inventeur du World Wide Web. Il préside aujourd'hui le World Wide Web Consortium (W3C).
 

 

Deux barres sinon rien

CDG 22 : pour un Web accessible... maintenant !


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Mercredi 24 mai 2006 3 24 /05 /Mai /2006 00:01

par Delphine Gay

 

Edimestre enthousiaste du portail P com' Publique, Bernard Béguin a accepté de se prêter en toute franchise au jeu des questions/réponses.
Rencontre avec un communicant qui s'investit bénévolement pour la reconnaissance de son métier et le respect des chargés de communication.

 

 

blog-territorial (b-t) : Quel parcours vous a conduit jusqu'à PcomPublique ?

 

Bernard Béguin (B.B.) : Diplômé de l'école de journalisme de Lille, j'ai fait mes premières armes, durant quatre ans, au sein de la PQR.

Bernard Béguin En 1981, j'ai rejoint l'office départemental d'HLM du Nord en tant que responsable de la communication. J'y ai rencontré le maire d'une petite commune proche de Lille qui désirait mettre en place le service de communication de sa municipalité. L'aspect "artisanal" de cette création de poste me plaisait. Et c'est ainsi que je me suis retrouvé, à partir de 1983, à réaliser moi-même "mon" journal local : mes articles, ma maquette, mes photos...

Je suis resté dircom pendant 6 ans, puis je suis devenu directeur de cabinet de cette même commune. En 1995, j'ai rejoint la technopole de Villeneuve-d'Ascq en tant que directeur de la communication mais, depuis 2003, je suis revenu à mes anciennes amours - le privé - en devenant consultant pour l'agence Sous tous les angles.

 

 

Extrait n°1

 

Pour en revenir plus précisément à PcomPublique, tout a commencé lorsque j'étais membre bénévole du comité de pilotage du Cap' Com. Le Cap' Com avait bien évidemment un site Internet, mais je me suis dit qu'il serait intéressant de développer un portail pour fédérer et mutualiser l'information autour de la communication publique. Je parle de la communication territoriale, bien évidemment, mais aussi de la communication de la santé, des ministères, des chambres consulaires des organismes d'utilité publique...

 

P com' Publique

 

J'animais déjà la mailing-list du Cap' Com : 700 professionnels de la communication en exercice dans les collectivités territoriales auxquels je faisais parvenir une newsletter hebdomadaire. Lorsque PcomPublique s'est ouvert, j'ai monté cette newsletter en pression. Désormais, il n'est plus nécessaire d'être membre du Cap' Com pour la recevoir. Les internautes peuvent s'y abonner en devenant membres de PcomPublique. Pour 100 euros par an, ils ont en outre accès aux ressources du portail, notamment aux fiches d'expériences.

 

 

Extrait n°2

 

A ce jour, nous comptons quelque 200 abonnés et plus de 1500 membres, chiffres très honorables lorsque l'on sait que PcomPublique ne fait pas de publicité et fonctionne presque uniquement grâce au bouche à oreille. Les taux de connexion au portail sont également très bons : environ 6000 visites par mois, avec des "pics" qui peuvent atteindre les 500 à 600 visites par jours.

 

 

Extrait n°3

 

  

 
b-t :
Quelle est la ligne éditoriale du portail ?

 

B.B. : J'ai tenu à lui donner un angle très "pratico-pratique" (c'est dans cet esprit que, par exemple, nous avons ouvert une bourse de lemploi). Nous parlons uniquement de communication publique et de sujets qui peuvent avoir des incidences directes sur nos métiers. Nous avons tenu à éviter deux dérives : la politique politicienne et le "tout NTIC". Certes, Internet est un élément important, mais cela reste des tuyaux ! Bref, j'essaie d'avoir une approche "boîte à outils", que je considère comme un travail de médiation : je trouve des informations que mes collègues n'ont pas le temps d'aller chercher... et je les mets à leur disposition.

 

 

Ne nous leurrons pas, ce travail est parfois assez ingrat. Vous donnez des informations, vous vous investissez, mais dès que vous invitez les gens à débattre très peu de personnes se portent volontaires. Paradoxalement, les communicants sont ceux qui communiquent le moins. Nombre de responsables de communication n'osent pas s'exprimer publiquement. Ceux qui parlent ont souvent plus de 20 ans de métier... et ont une certaine assise qui leur permet de le faire. Et tout cela vient généralement du fait que les politiques n'aiment pas que leurs communicants s'expriment. C'est l'un des enjeux des 10 ans à venir : respecter les chargés de communication et les considérer non plus comme les instruments des élus mais comme des fonctionnaires, ou contractuels, à part entière qui ont une réelle vision de leur métier.

 

 
b-t : Justement, quelle est votre vision du métier ?

 

B.B. : Il n'y a ni filière de communication publique ni reconnaissance du métier en tant que tel. C'est pourquoi il est indispensable de le professionnaliser. Les postes de la communication publique sont très variés : on y trouve des directeurs, responsables, chargés de communication mais aussi des journalistes, des maquettistes, des webmestre... Or, on considère encore trop souvent que ceux qui font les choses sont des techniciens (ainsi les maquettistes appartiennent aux filières techniques, les webmestre se retrouvent régulièrement au service informatique...) alors que ceux qui les pensent sont des administratifs, souvent rattachés au cabinet du maire.

 

Bien évidemment, il est primordial que le responsable de communication soit proche de l'organe de direction, au centre du dispositif, pour savoir ce qui se passe et être réactif, notamment sur le magazine municipal. Directeur de cabinet, DGS, directeur de la communication, DRH, DST... ces personnes doivent être au coeur de la décision publique et avoir un rôle stratégiquement important. Or, dans les petites communes, la communication n'est majoritairement pas considérée comme faisant partie de la discussion stratégique...

 

Fort heureusement, les élus commencent progressivement à comprendre qu'il faut soigner leur communication, en la considérant comme un élément important de la décision publique et pas uniquement comme un outil électoral. Si l'élu communique mal, "ça parle dans le village". Cela reste un grand classique : lorsque les gens ne savent pas, ils inventent. Et l'élu se coupe alors de sa base. C'est pourquoi il ne faut jamais oublier que nos métiers sont des métiers de médiation.


 

C'est dans ce souci de professionnalisation que nous avons créé une association en mars 2005, l'Union Nationale des Professionnels de la Communication Publique, qui regroupe désormais une centaine de personnes. Au sein de la communication publique, les gens sont assez individualistes. Ils se méfient de tout. De plus, il y a un gros turn-over. C'est donc un métier difficile à fédérer.

  

Malgré tout, nous essayons de défendre nos métiers, notamment pour cette génération de jeunes professionnalisés qui est en train d'émerger. Ils sont diplômés, ont un métier entre les mains... et pour eux, je revendique un minimum de la part des élus. Ils doivent apprendre à écouter leurs communicants, surtout lorsque ce sont des personnes qui ont fait quatre à cinq ans d'études spécifiques, et ne pas les instrumentaliser.

 

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Mercredi 17 mai 2006 3 17 /05 /Mai /2006 00:01

par Franck Confino

 

Attention ! Comme il l'écrit lui-même : des idées,
il en a plein la tête... Le directeur de la communi-
cation du Conseil général de l'Yonne et non moins célèbre éditorialiste de la Lettre du Cadre territorial nous fait partager, dans le blog qu'il a ouvert depuis le mois de février, ses réflexions sur le monde et sa vision des territoires. Rencontre avec un expert ès
« bonnes idées pour collectivités », un boulimique
de travail, un passionné.

 

Fabrice Jobard La photo sur son blog donne le ton : l'interlocuteur est invité à s'asseoir côté passager pour une conversation informelle. Le temps d'un voyage, Fabrice Jobard nous livre ses « réflexions sur le monde et ses habitants ». On aime autant les espérances (du jour) que les atermoiements (du soir) de ce super manager parfois perçu comme un saltimbanque par ses collègues de l'administration. On aime ses coups de gueule, comme celui qu'il pousse contre les journalistes : « Ce sont les Parisiens qui débarquent comme des cow-boys. Ils ne connaissent pas du tout la région et viennent en fait pour valider leurs présupposés. »

 

Ces journalistes des rédactions nationales, Fabrice Jobard les connaît bien. A la tête, durant six ans, de la direction de la communication de La Baule, station balnéaire sans problème, Fabrice nous dit avoir « réellement appris le métier de dircom en trois à quatre mois, au moment de la crise de l'Erika ».

 

Extrait n°1

 
« On est toujours avant, pendant et après une crise. Tant qu'on n'a pas compris ça, on n'a pas compris le métier. Il faut toujours faire entre sorte d'être prêt pour l'éviter et notre travail, c'est de créer des réseaux, d'être prêt à communiquer parce qu'on a établi une relation de confiance avec la population. La communication de crise n'existe pas puisque la communication naît de l'éventualité d'une crise. Dans une carrière de dircom public, il y a toujours un moment où ça n'ira pas. Mais il ne faut pas le vivre comme une crise : c'est la normalité. »

 

Extrait n°2

 
Pol Vandromme Cette envie de raconter avec honnêteté le monde qui l'entoure, Fabrice Jobard la connaît depuis le collège, dont il faisait déjà le journal. Depuis, il l'entretient grâce à des rencontres et à son insatiable curiosité. Comme l'écrit Pol Vandromme: « L'essentiel se sait d'instinct depuis toujours, et le voici : le journalisme, c'est l'humeur, l'air salubre du temps, le clin d'oeil, le coup de sonde, le défi, l'enthousiasme et le dégoût, le rire qui soulage, le trait qui venge, le mot que l'on accroche comme une casserole à la queue des chiens domestiqués, le sel, le poivre, le feu, les flammes, la conviction et le dandysme, la désinvolture d'un art seigneurial et l'humilité sans didactisme d'un art populaire ». Alors Fabrice, frappez moins fort sur les journalistes car indéniablement vous en avez l'âme !

 

Fabrice Jobard Après le bac, le jeune Fabrice passe d’abord par l’IEP de Grenoble puis par l’Institut Français de Presse à la faculté d’Assas, avant d’intégrer le premier DESS consacré à la communication, politique et animation locales de Paris I. Son mémoire porte alors sur les enjeux de la communication territoriale et politique de Charles Millon, à l’époque président du Conseil général de Rhône-Alpes. La vocation s’affirme. Après avoir enchaîné de nombreux stages, il fait son service militaire dans la coopération au Sénégal comme chargé de communication du Centre culturel français. « Puis on est rentré ma femme et moi pendant les grandes grèves de 1995 post Juppé, un premier novembre avec un temps de chien et toute la France bloquée. Là, on s'est dit 'Bien... et maintenant il faut qu'on trouve du travail !' »

 

 

Un pari loin d'être gagné après deux longues années de déconnexion totale sous des soleils lointains et un retour sans la moindre piste en vue... « J'ai pris un vieux Figaro sur lequel il y avait le résultat des municipales, j'ai envoyé quelques CV, passé quelques coups de fil et puis j'ai parcouru la France en train, en auto-stop et même à pieds ! Là j'ai décroché très rapidement un premier poste de dircom à La Baule, en janvier 1996. J'avais 25 ans, c'était fantastique ».

 

Fabrice Jobard y restera donc six ans. Les premières années lui permettent de faire le tour de la "non-problématique" territoriale de cette charmante station balnéaire... jusqu'à ce que survienne la grande marée noire de décembre 19991.
« J'ai vécu de grands moments de communication. Nous étions dans une situation paradoxale où tous les moyens d'Etat avaient été déployés en Sud Loire... là où avait gueulé plus fort que les autres un certain de Villiers. Or, via des experts en courants marins, nous savions pertinemment que le polluant arriverait vite au Nord de la Loire. Si vous connaissez la baie, c'est en fait aussi logique que lorsqu'on souffle sur une bougie. »

 

Sans bénéficier des moyens d'Etat, le maire demande alors à tous les fonctionnaires territoriaux de suspendre leurs vacances du passage à l'an 2000 pour monter un PC de crise. « On l'a monté avec les pompiers du coin, raconte Fabrice. On a réquisitionné mon bureau, le bureau du maire adjoint, la salle de réunion, monté les ordinateurs et on a attendu. » Et la veille de Noël, le polluant est arrivé.

 

 

« On s'est alors trouvé face à une situation très étonnante. Pendant plus d'une semaine, il a fallu gérer la crise sans aucun moyen d'Etat, coordonner les bénévoles qui affluaient mais aussi les médias. Une expérience fondatrice où l'on se rend compte que la communication, ce n'est pas juste les petits fours, les plantes vertes et puis vaguement un peu d'information citoyenne. On est au premier poste sur le front médiatique... d'autant plus important pour une commune comme La Baule, qui vit de son image. »

 

On comprend mieux le jugement de Fabrice à l'égard de certains « moutons de journalistes » (sic), à qui ce berger n'a d'ailleurs pas hésité à lancer quelques pommes en montant un réseau informel d'une quinzaine de « gueules » locales dont étaient friands quelques JRI en mal de sujets. Il se souvient notamment du président de l'association des commerçants dont les médias adoraient la « bonne tête de capitaine Haddock » et le « discours vrai » !

 

Extrait n°3

 
Directeur de la communication de La Baule à 25 ans, de celle du Conseil général de l'Yonne à 30 ans : parcours brillant pour celui qui rejoint en 2001 le Président et Sénateur Henri de Raincourt, un élu qui a la culture de l'événementiel. C'est sous son mandat que Fabrice Jobard développe le très médiatique Festival International de Musique et Cinéma réunissant chaque année quelque 4000 personnes. Après y avoir reçu Eric Serra et son orchestre ou encore Les Choristes, il place la barre de plus en plus haut et tente cette année de faire déplacer Ennio Morricone et son orchestre Symphonitta Roma !

 

 

Ses métiers – car il est également formateur au CNFPT - l’épanouissent : il vient notamment de passer deux ans à la refonte complète du site du Conseil Général. Ses idées, il les renouvelle sans cesse pour varier les thèmes de son édito de la Lettre du Cadre Territorial, au risque de voir inonder sa boîte aux lettres de journaux municipaux…. Mais pour Fabrice Jobard, il faut que ça bouge sans cesse. Se voyant mal dans un costume de dircom quadra ou quinqua (et puis « les maires préfèrent engager des jeunes »), il pense déjà à l’avenir. Et y penser, c’est déjà le préparer.

 

Mieux que dans le marc de café, c’est dans son blog qu’on pourrait lire les « traces » d’un avenir, finalement peut-être déjà plus tracé qu’il ne croit
lui-même…

 

 

1 Le pétrolier maltais Erika s'est échoué en pleine tempête le
12 décembre 1999, au sud-ouest de Penmarc'h (Finistère).
En sombrant jusque 120 m de fond, les épaves du pétrolier
ont lâché plus de 10 000 tonnes de fioul. Après plusieurs jours
de dérive, les nappes ont souillé le littoral, du Sud-Finistère
à la Charente-Maritime.


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Mercredi 12 avril 2006 3 12 /04 /Avr /2006 00:00

Sous forme d’entretiens, la rédaction vous brossera ici le portrait des acteurs de la communication :

- de la vie territoriale (élus, directeurs de cabinet et de la communication...)

- de la vie culturelle (directeurs des affaires culturelles, de MJC, artistes fortement impliqués dans la vie de leur quartier…)

- du milieu associatif local subventionné ou reconnu d'intérêt général

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Attention, le blog a déménagé!


Après plus de 3 millions de pages vues, 500 000 visiteurs uniques, 1592 commentaires, 658 articles et 42 rédacteurs, blog-territorial tourne une page de son histoire et migre ! Hébergé depuis toujours par OverBlog, il continuera désormais l'aventure sur la plateforme ExpertPublic.fr, premier média social du monde public. Cliquez ici pour la suite :

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Depuis 1988, Cap'Com est au service des acteurs de la communication publique et territoriale. A la fois réseau d'échanges, organisme de formation et organisateur d'un événement fédérateur – son incontournable Forum annuel - Cap'Com est piloté par Dominique Mégard, sa déléguée générale, gérante et fondatrice, ainsi qu'une trentaine de professionnels réunis en comité.

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Association des responsables de communication des institutions publiques, Communication Publique est un cercle d’échange d’expériences entre praticiens. Ceux-ci confrontent leurs méthodes de travail, savoir-faire et idées, afin de développer la qualité des communications internes et externes des institutions publiques. Ils proposent des démarches novatrices et entendent dynamiser l’image de la communication institutionnelle publique.

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« Cultivez vos Territoires » est une journée innovante de formations, de rencontres et d’échanges entre les acteurs culturels des territoires. C’est également un concours destiné aux collectivités pour valoriser leurs projets culturels contribuant au développement de la vie locale.

échosddContribuer à promouvoir le développement durable en recueillant les voix des personnes impliquées dans des projets actifs de protection de l’environnement, de défense des droits de l’homme, de commerce équitable et de micro-finance : tel est l'objectif de cette association fondée par Sarah et Christophe, deux jeunes Nancéens partis faire le tour d'Asie à vélo pendant deux ans.

EUROPA 21






Web radio du développement durable, diffusée en streaming et podcasts, dirigée par Dominique Valck et lancée à l'occasion du Cap'Com 2007, Europa 21 s'adresse aux acteurs des territoires : entreprises, collectivités, citoyens… On y retrouve également le périple d'Echos DD, avec la chronique des voix du développement durable en Asie.

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Crée dès 1999 pour répondre aux besoins spécifiques et croissants de l'ensemble des acteurs du territoire, IDcommunes est une agence de communication dirigée par Christian de La Guéronnière. Elle concentre son savoir-faire et son expertise au service de l’action publique.

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Ce portail de Cap'Com dédié aux professionnels de la communication publique et territoriale propose une actualité pertinente, des "humeurs", de nombreuses ressources documentaires (en accès payant, sauf pour "la ressource du mois") ainsi qu'un espace emploi.

Profession Politique



Journal professionnel de la classe politique au quotidien – et, chaque semaine, avec son célèbre « Bleu » – Profession Politique, dirigé par Pierre-Marie Vidal, propose également la plus importante base de données (en ligne et en édition papier) des collectivités territoriales et institutions publiques.

Rpublic.tvChaîne publique sur Internet fondée en juin 2007 entièrement dédiée à la médiation entre les décideurs publics et privés, Rpublic.tv s’adresse aux acteurs des institutions publiques aussi bien locales que régionales ou nationales. Nouveau concept de télévision conçu par son directeur Marc Delescluse, Rpublic.tv est conçue comme un carrefour d’échange entre entreprises, administrations et associations mais aussi à destination des citoyens.

Territoires publics



Dirigée par Frédéric Duval, Territoires Publics est non seulement une agence de conseil en relations publiques pour les entreprises mais également une agence organisatrice d’événementiel avec Meilleurs Voeux des Territoires et Cultivez vos territoires.

territorial éditions

Maison d’éditions et de presse destinée aux collectivités territoriales dirigée par Philippe Duret, les éditions Territorial appartiennent au groupe du même nom, qui édite, entre autres, La Lettre du Cadre, les Fiches pratiques ou encore les classeurs du Dircom. A travers différentes collections (Dossiers d'experts, Essentiels sur, Trajectoires, ou encore E-book), toutes les problématiques des collectivités sont traitées.

Villes internet

L'association Villes-Internet a été fondée par Florence Durand-Tornare en 1998. elle a pour objectif de "coordonner le développement et l'animation d'un réseau des acteurs de l'Internet citoyen, et tout particulièrement des collectivités territoriales". Avec 1102 collectivités membres, elle délivre chaque année un label permettant d'évaluer la qualité des sites Internet des collectivités et, plus globalement, de jauger la place accordée par la municipalité au numérique.



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