Partager l'article ! Communication-information le devoir de vérité !: Communication-information le devoir de vérité ! par Gildas Lecoq &n ...
par Gildas Lecoq
On oppose trop souvent communication et informa-
tion sous le prétexte erroné qu'informer ne serait
que transmettre des données, des faits neutres et objectifs alors que la communication n'aurait pour seule ambition que de rendre partiale une idée à des fins mercantiles. Au-delà de cette pensée simpliste, le lien qui existe entre la communication et l'informa-
tion est beaucoup plus étroit et nécessaire pour le bon traitement de ces deux fonctions.
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d'investigation.
Mais il convient |
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de se réjouir, |
nombre. Si la communication est un art au moins autant qu'une technique, il convient cependant... d'enfoncer des portes ouvertes et de rappeler que contrairement à ce que beaucoup de gens peuvent penser, communiquer n'est pas apprendre à mentir, mais au contraire apprendre à dire la vérité. C'est la quête de la vé-
Le communicant d'aujourd'hui (et de demain) doit être un véritable « informateur » et non un VRP de l'information ! Un « informateur » qui doit savoir instaurer une relation de confiance entre lui et le journaliste, s'il souhaite que son histoire touche le plus grand nombre. L'erreur trop souvent faite est de penser que cette « histoire » doit intéresser avant tout le journaliste. C'est faux ! C'est parce que l'histoire intéressera le plus grand nombre que le journa-
liste sera intéressé. Le communicant doit être un « infor-
mateur » attentif, mieux, un « vulgarisateur », dont l'ambition première sera de traduire les spécificités d'un projet, d'une action et de les rendre accessibles à tous. Georges de Caunes, l'un des fondateurs du journal télé-
visé en France, récemment disparu, disait souvent « un journaliste doit être curieux ! ». Le communicant à son niveau également doit faire preuve de curiosité, d'une curiosité contagieuse même.
Si la communication est souvent considérée comme le mal du siècle (on confond trop souvent communiquer et dialo-
guer !), il y a cependant surtout des motifs de se réjouir.
Il y a quelques années encore ces métiers n'étaient pas reconnus, considérés comme des armes commerciales pervertissant l'honnêteté intellectuelle ou pire, et il faut savoir le reconnaître, mal utilisés. Aujourd'hui, les métiers de la communication sont présents, reconnus et efficaces.
Le journaliste, quant à lui, souvent considéré comme le héraut de la liberté d'expres-
sion, s'est toujours drapé dans des valeurs d'indépen-
dance et de vérité. Toujours, jusqu'à aujourd'hui où son rôle tend à être remis en cause. Les journalistes sont encore trop souvent les victimes de « la défense de la liberté de l'information, du commentaire et de la critique » - Charte des devoirs et des droits des journalistes dite "Charte de Munich" - il est bien évidemment plus que rare qu'un directeur de la communication ou un créatif soit enlevé lors d'un conflit armé ou politique. Mais les journalistes détiennent-ils encore le pouvoir dont on les crédite ?
« L'évolution technologique, le développement des nou-
veaux médias, les difficultés économiques de la presse quotidienne, la généralisation des outils informatiques et son impact sur la collecte des informations ont exercé une influence sur le métier de journaliste. La crise profession-
nelle s'accompagne
aussi d'une crise déontologique » précisait déjà en 1994, Jean-Marie Charon dans un article publié dans Communication et langa-
ges. Malgré cela, le journaliste doit savoir garder le recul nécessaire au bon traitement de l'infor-
mation. Au même titre que le communicant, il est lui aussi un artiste ou un technicien qui travaille une matière première : les faits. Il doit se rappeler pourquoi il informe : pour fournir aux autres (et à soi-même) les moyens de comprendre le monde. Comme pour le commu-
nicant, le métier de journaliste repose sur cette notion de
vérité. Théophraste Renaudot, père de la presse écrite en France décrivait « la rétention de l'information » comme « une forme de constipation du savoir » : le jour-
naliste doit veiller au bon traitement et à la mise en forme de cette information, une condition sine qua non pour associer faire savoir et surtout faire comprendre. Loin d'être un ennemi, le communicant doit pouvoir contribuer à l'épauler dans cette mission.
Pour ce faire, le communicant doit savoir lui aussi informer. Une bonne prestation devant les médias n'amène pas forcément un bon résultat, en revanche une mauvaise prestation est la certitude d'un échec. Les grandes entreprises l'ont aujourd'hui bien compris et nombreuses sont celles qui fonctionnent comme de véritables agences de presse. Oui le communicant doit savoir informer et travailler sans a priori avec les journalistes. Pourquoi faut-il toujours être suspicieux quand un communiqué de presse est repris in extenso par un journaliste, quand au même moment, sur internet, les pires rumeurs prennent la place des scoops ! Le rôle du journaliste s'est déplacé de la vérification des faits à la vérification de la source.
Nombreux sont aujourd'hui les journalistes qui conseil-
lent les hommes politiques, entrepreneurs et autres artistes et personne ne trouve rien à y redire ! Si le communicant doit savoir informer et maîtriser l'en-
semble des outils qui lui permettent de faire passer son message, le journaliste est aujourd'hui entré dans l'ère de la communication. La con-
currence est telle qu'un titre de presse, une chaîne de télévision, une radio doit ménager l'effet d'annonce. Cela n'est pas choquant, la Une, l'accroche, le chapô sont autant d'artifices de communication au service de l'infor-
mation. Les lecteurs, les publics ont changé. Ils sont nés alors que les nouveaux médias existaient déjà. Le décryp-
tage de l'information est aujourd'hui un sport national, bientôt, qui sait, une matière enseignée à l'école. Le lec-
teur veut des faits et se faire sa propre opinion. Le chal-
lenge pour le journaliste est de lui donner tous ces faits,
la mission du communiquant lui donner accès aux informa-
tions. Ne nous leurrons pas : les risques existent et les journalistes doivent s'imposer des règles pour ne pas for-
cément répondre aux attentes parfois sordides des lec-
teurs. Mais le challenge est passionnant. Avec le nombre de fausses informations qui circulent dans ces nouveaux médias, le devoir de vérité des journalistes et des commu-
nicants n'en sera que beaucoup plus passionnant !
Bien communiquer pour mieux informer. Un objectif qui doit casser les idées trop souvent arrêtées par
les « professionnels de la profession » et répondre
en premier lieu aux attentes du public.
Si le constat semble amer, la mission qui s'offre aux générations actuelles est merveilleuse : défendre les métiers de la communication et ainsi transmettre un savoir et une information de qualité.
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Effectivement, Gildas Lecoq a bien été journaliste... comme vous le confirmera un petit clic sur son nom ou bien ici : clic-clic !
Certains de blog-territorial ont d'ailleurs suivi un parcours similaire : il y a une passerelle évidente (pour ne pas dire une "filière") entre le métier de journaliste et celui de chargé de communication dans une collectivité, pour celles et ceux qui s'intéressent un peu à la politique et beaucoup à la chose publique !
Quant à cette analyse, elle est effectivement très bonne... comme le montre le sujet ouvert sur le forum récemment (http://www.blog-territorial.org/viewtopic.php?t=80), voilà un article qui a mis tout le monde d'accord :)