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par Delphine Gay
Edimestre enthousiaste du portail P com' Publique, Bernard Béguin a accepté de se prêter en
toute franchise au jeu des questions/réponses.
Rencontre avec un communicant qui s'investit bénévolement pour la reconnaissance de son métier et le respect des chargés de communication.
blog-territorial (b-t) : Quel parcours vous a conduit jusqu'à PcomPublique ?
Bernard Béguin (B.B.) : Diplômé de l'école de journalisme de Lille, j'ai fait mes premières armes, durant quatre ans, au sein de la PQR.
En 1981, j'ai rejoint l'office départemental d'HLM du Nord en tant que responsable de la communication. J'y ai rencontré le maire
d'une petite commune proche de Lille qui désirait mettre en place le service de communication de sa municipalité. L'aspect "artisanal" de cette création de poste me plaisait. Et c'est ainsi que
je me suis retrouvé, à partir de 1983, à réaliser moi-même "mon" journal local : mes articles, ma maquette, mes photos...Je suis resté dircom pendant 6 ans, puis je suis devenu directeur de cabinet de cette même commune. En 1995, j'ai rejoint la technopole de Villeneuve-d'Ascq en tant que directeur de la communication mais, depuis 2003, je suis revenu à mes anciennes amours - le privé - en devenant consultant pour l'agence Sous tous les angles.
Extrait n°1
Pour en revenir plus précisément à PcomPublique, tout a commencé lorsque j'étais membre bénévole du comité de pilotage du Cap' Com. Le Cap' Com avait bien évidemment un site Internet, mais je me suis dit qu'il serait intéressant de développer un portail pour fédérer et mutualiser l'information autour de la communication publique. Je parle de la communication territoriale, bien évidemment, mais aussi de la communication de la santé, des ministères, des chambres consulaires des organismes d'utilité publique...
J'animais déjà la mailing-list du Cap' Com : 700 professionnels de la communication en exercice dans les collectivités territoriales auxquels je faisais parvenir une newsletter hebdomadaire. Lorsque PcomPublique s'est ouvert, j'ai monté cette newsletter en pression. Désormais, il n'est plus nécessaire d'être membre du Cap' Com pour la recevoir. Les internautes peuvent s'y abonner en devenant membres de PcomPublique. Pour 100 euros par an, ils ont en outre accès aux ressources du portail, notamment aux fiches d'expériences.
Extrait n°2
A ce jour, nous comptons quelque 200 abonnés et plus de 1500 membres, chiffres très honorables lorsque l'on sait que PcomPublique ne fait pas de publicité et fonctionne presque uniquement grâce au bouche à oreille. Les taux de connexion au portail sont également très bons : environ 6000 visites par mois, avec des "pics" qui peuvent atteindre les 500 à 600 visites par jours.
Extrait n°3
b-t : Quelle est la ligne éditoriale du portail ?
B.B. : J'ai tenu à lui donner un angle très "pratico-pratique" (c'est dans cet esprit que, par exemple, nous avons ouvert une bourse de lemploi). Nous parlons uniquement de communication publique et de sujets qui peuvent avoir des incidences directes sur nos métiers. Nous avons tenu à éviter deux dérives : la politique politicienne et le "tout NTIC". Certes, Internet est un élément important, mais cela reste des tuyaux ! Bref, j'essaie d'avoir une approche "boîte à outils", que je considère comme un travail de médiation : je trouve des informations que mes collègues n'ont pas le temps d'aller chercher... et je les mets à leur disposition.
Ne nous leurrons pas, ce travail est parfois assez ingrat. Vous donnez des informations, vous vous investissez, mais dès que vous invitez les gens à débattre très peu de personnes se portent volontaires. Paradoxalement, les communicants sont ceux qui communiquent le moins. Nombre de responsables de communication n'osent pas s'exprimer publiquement. Ceux qui parlent ont souvent plus de 20 ans de métier... et ont une certaine assise qui leur permet de le faire. Et tout cela vient généralement du fait que les politiques n'aiment pas que leurs communicants s'expriment. C'est l'un des enjeux des 10 ans à venir : respecter les chargés de communication et les considérer non plus comme les instruments des élus mais comme des fonctionnaires, ou contractuels, à part entière qui ont une réelle vision de leur métier.
b-t : Justement, quelle est votre vision du métier ?
B.B. : Il n'y a ni filière de communication publique ni reconnaissance du métier en tant que tel. C'est pourquoi il est indispensable de le professionnaliser. Les postes de la communication publique sont très variés : on y trouve des directeurs, responsables, chargés de communication mais aussi des journalistes, des maquettistes, des webmestre... Or, on considère encore trop souvent que ceux qui font les choses sont des techniciens (ainsi les maquettistes appartiennent aux filières techniques, les webmestre se retrouvent régulièrement au service informatique...) alors que ceux qui les pensent sont des administratifs, souvent rattachés au cabinet du maire.
Bien évidemment, il est primordial que le responsable de communication soit proche de l'organe de direction, au centre du dispositif,
pour savoir ce qui se passe et être réactif, notamment sur le magazine municipal. Directeur de cabinet, DGS, directeur de la communication, DRH, DST... ces personnes doivent être au coeur de la
décision publique et avoir un rôle stratégiquement important. Or, dans les petites communes, la communication n'est majoritairement pas considérée comme faisant partie de la discussion
stratégique...
Fort heureusement, les élus commencent progressivement à comprendre qu'il faut soigner leur communication, en la considérant comme un élément important de la décision publique et pas uniquement comme un outil électoral. Si l'élu communique mal, "ça parle dans le village". Cela reste un grand classique : lorsque les gens ne savent pas, ils inventent. Et l'élu se coupe alors de sa base. C'est pourquoi il ne faut jamais oublier que nos métiers sont des métiers de médiation.
Malgré tout, nous essayons de défendre nos métiers, notamment pour cette génération de jeunes professionnalisés qui est en train d'émerger. Ils sont diplômés, ont un métier entre les mains... et pour eux, je revendique un minimum de la part des élus. Ils doivent apprendre à écouter leurs communicants, surtout lorsque ce sont des personnes qui ont fait quatre à cinq ans d'études spécifiques, et ne pas les instrumentaliser.
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Après le 15 septembre, c'est trop tard. http://www.villes-internet.
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