Partager l'article ! Bruno Cohen-Bacrie : "Capter les tendances": Bruno Cohen-Bacrie : "Capter les tendances" par Franck Confino Tout c ...
par Franck Confino
Tout chargé de communication territoriale a forcément lu un jour l’un de ses livres. Bruno Cohen-Bacrie, fort d’une expérience en collectivités de plus de dix ans, actuellement directeur de la com-
munication de la ville d'Echirolles, a également collaboré à Lettre du cadre territorial, L'Elu d'aujourd'hui et aux Fiches pratiques politique et communication. Enseignant près de Grenoble, membre de l'Association Communication Publique et du comité de pilotage du Cap'Com, cet homme orchestre vient de co-signer avec Patrick Lamarque Pratique(s) de la communication intercommunale, aux éditions Weka. Incontournable.
Blog-territorial (B-T) : Bruno Cohen-Bacrie, quel est votre parcours ?
Bruno Cohen-Bacrie (BCB) : A la sortie de mon DESS en communication, politique et animations locales, j’ai eu l’opportunité de débuter au sein d’un cabinet d’élu en région parisienne. A la suite de choix familiaux, je suis parti dans les Bouches-du-Rhône : durant six ans, j’ai occupé le poste de directeur de la communication de la ville de Miramas. Puis, en juin 2001, les aléas de la vie municipale m’ont mené à Echirolles (38, Isère).
Cette ville est intéressante pour ses problématiques de communication – souvent résumées par son positionnement par rapport à une ville centrale importante, à savoir Grenoble. Le centre-ville y a presque été construit ex-nihilo, un cas extrêmement rare en France ; Echirolles est la ville du mois du graphisme ; c’est une ville en pointe sur les problématiques de développement durable… De vrais atouts pour un dircom qui peut appréhender ces dimensions de façon concrète.
Nous sommes 10 agents au sein du service communication et notre budget est d’environ 450.000 euros sans les salaires – ce qui est important pour une ville de notre strate (35 000 habitants). Les métiers de la communication sont presque intégralement représentés : journalistes, graphistes… et un pôle Internet important. Notre site a été entièrement refait et nous essayons de le rendre très vivant, ce qui nécessite une maintenance assez soutenue. Chose importante : il n’y a pas de niche budgétaire dans les différents services. C’est-à-dire que tous les moyens de la communication de la collectivité ont été ramenés au service, avec la volonté qu’il pilote la communication de tous les autres.
Extrait n°1 :
B-T : Vous avez écrit un nombre impressionnant de livres…
BCB : J’ai effectivement rédigé trois Dossiers d’expert pour les éditions Territorial (« La presse Municipale, état des lieux et méthodologie », « La communication territoriale : procédures, objectifs et cibles » et « Les nouveaux modes de communication locale »). Je travaille également avec les éditions Weka pour lesquelles j’ai réalisé un premier ouvrage sur le marketing territorial, un autre sur la communication de proximité et un troisième sur la communication intercommunale. Outre le fait que j’aime beaucoup écrire, il est vrai que lorsqu’on est dans ces métiers depuis une dizaine d’années, on éprouve le besoin de réfléchir sur sa pratique et confronter sa réflexion à celle des autres. J’essaie donc de sentir, de capter des tendances. C’est un aspect important de mon parcours : la curiosité par rapport aux différentes expériences qui se faisaient de part et d’autre. En matière de communication territoriale, bien peu modeste serait celui qui prétendrait détenir dans sa commune LA Solution, LA Campagne, ou L’Action de communication parfaite. Donc je considère que, dans notre métier, nous devons être beaucoup tournés vers ce qui se fait ailleurs. Et quelque part, lorsqu’on écrit sur la profession, on est amené à regarder ce que font les autres pour essayer de le décrypter et de le valoriser.
B-T : C’est cette curiosité qui vous a amené à écrire un ouvrage sur la communication intercommunale avec Patrick Lamarque ?
BCB : C’est effectivement cette curiosité, et aussi le regret que la communication territoriale soit souvent reléguée au rayon marketing des grandes librairies – et encore faut-il réussir à y trouver un ou deux ouvrages, qui s’avèrent être toujours les mêmes…
Je trouvais donc dommage que, sur ce thème émergent et porteur d’emploi pour les jeunes, il n’existe pas d’ouvrage rassemblant la réflexion et les constats de cette communication effectivement récente. L’idée était donc de porter un premier regard sur cette fonction dans les intercommunalités.
L’intérêt de l’ouvrage est également d’expliquer que cela n’intéresse pas seulement les collègues des EPCI ! Cela intéresse aussi les ceux des villes… qui seront tous les jours confrontés à ces questions. La relation à l’intercommunalité est quelque chose que nous avons appris à intégrer dans nos politiques de communication.
Extrait n°2 :
B-T : Justement, quel constat faites-vous auprès des directeurs de communication des villes ?
BCB : Un constat mitigé. D’un côté, nous avons le sentiment qu’il se passe quelque chose. Les politiques de communication dans les EPCI sont bien construites. Elles se traduisent par un nombre important d’outils, malgré des différences phénoménales de moyens financiers et humains selon que l’on est dans une agglomération, une communauté urbaine ou une petite communauté de communes. Dans ce dernier cas, bien que la communication tienne encore parfois du bricolage, on y trouve des choses géniales.
De l’autre côté, nous avons le sentiment que reste encore très ancrée une communication territoriale parfois un peu jalouse de ses frontières. Une communication territoriale qui aurait la tentation de dire : « Quand ça marche, c’est grâce à la ville ; et quand ça ne marche pas, c’est de la faute de l’intercommunalité ou du département. »
Je pense donc que la place de la communication intercommunale dans les supports reste encore à conquérir.
B-T : Quels vont être les grands chantiers des intercommunalités en matière d’outils, de supports et de stratégies en général ?
BCB : Le sentiment que j’ai eu en interrogeant un nombre important de collègues, c’est qu’il y a un décalage – que nous avons d’ailleurs connu autrefois dans les villes – entre l’ambition, maintenant avérée, et les moyens mis en œuvre. Dans des intercommunalités de moyenne ou plus grande taille, il n’est pas rare de voir les élus rechigner à se doter des moyens financiers et humains qui leur permettraient d’asseoir une communication d’envergure. Cet enjeu me semble important : les élus doivent prendre conscience qu’il s’agit d’une véritable fonction, d’un service public comme un autre. Ce n’est pas parce qu’on a transféré des compétences comme l’assainissement ou le ramassage des ordures ménagères que la communication inhérente doit être reléguée en second plan ! De mon point de vue, c’est une fonction d’accompagnement importante.
Ensuite il s’agit de mener un travail sur la collaboration de manière à développer les échanges sur les politiques de communication respectives.
Extrait n°3 :
B-T : Et à Grenoble en particulier ? Comment se passent ces réunions ?
BCB : Dans l’agglomération grenobloise cela se traduit par une ou deux réunions annuelles où l’on réfléchit collectivement autour des supports intercommunaux et à la manière dont les villes peuvent les enrichir. Nous ne sommes pas dans la confrontation mais bien dans la complémentarité vis-à-vis du citoyen, avec des informations différentes, des territoires et des rythmes différents.
Tous les dircoms des villes de l’EPCI sont conviés, mais force est de constater que les mêmes qui se plaignent parfois du manque de collaboration ne viennent pas toujours en nombre à ces réunions. Par exemple, j’ai toujours organisé ma disponibilité pour ces réunions. C’est un temps précieux où l’on s’extrait un peu de nos villes pour réfléchir à un outil commun. Ces réunions fructueuses ne sont pas propres à l’agglomération grenobloise, mais elles sont encore trop rares dans les autres.
Extrait n°4 :
B-T : Pour le citoyen, est-ce quelque chose de concret ? L’intercommunalité ne reste-t-elle pas une administration intermédiaire de plus ?
BCB : La question centrale qui revient sans cesse est celle de l’élection au second degré. Mais j’ai l’impression que l’on s’abrite un peu facilement derrière l’argument du suffrage universel. Même s’il faut analyser le phénomène avec prudence, il existe plusieurs enquêtes de l’ADCF tendant à montrer que les liens entre le citoyen et l’intercommunalité se renforcent, notamment du fait que l’intercommunalité est de plus en plus présente dans la vie quotidienne. Que ce soit via l’assainissement, le ramassage ou le tri d’ordures, les intercommunalités sont amenées à entrer dans la vie quotidienne des administrés. Et c’est souvent cela le meilleur mode de communication.
Pour arriver à y parvenir, un travail patient d’ancrage territorial est nécessaire. La problématique ne se pose pas dans les mêmes termes si l’on est sur un canton bien identifié qui devient le territoire de l’EPCI ou si l’on se trouve sur un territoire créé ex nihilo.
Mais que cela soit autour de la régularité des outils ou autour de la communication interne à destination des élus, qui pourraient en être de bons ambassadeurs, l’intercom -
munalité a vraiment beaucoup de travail à faire pour irriguer autour d’elle.
Pratique(s) de la communication intercommunale
Contact : éditions Weka
Tél. : 01 53 35 16 00
Après plus de 3 millions de pages vues, 500 000 visiteurs uniques, 1592 commentaires, 658 articles et 42 rédacteurs, blog-territorial tourne une page de son histoire et migre ! Hébergé depuis
toujours par OverBlog, il continuera désormais l'aventure sur la plateforme ExpertPublic.fr, premier média social du monde public. Cliquez ici pour la suite :
Agence lorraine dirigée par
Dominique Valck et association Loi de 1901, 3D Territoires propose des outils de coproduction innovants pour accompagner le développement durable des territoires.

L'association des
Internautes Territoriaux, fondée en 1998, souhaite rassembler les acteurs des collectivités locales sur Internet, afin de mettre en commun leur expérience, partager leurs réflexions et
promouvoir les nouvelles pratiques administratives par voie électronique.


Contribuer à promouvoir le développement durable en recueillant les voix des personnes impliquées dans des projets actifs de protection de l’environnement, de défense des droits de
l’homme, de commerce équitable et de micro-finance : tel est l'objectif de cette association fondée par Sarah et Christophe, deux jeunes Nancéens partis faire le tour d'Asie à vélo pendant deux
ans.
Fondé il y a 25 ans par Alain Richard et André Santini, le Forum pour la Gestion des Villes et des Collectivités
Territoriales est une association Loi 1901 indépendante et pluraliste qui promeut l’échange entre les acteurs des territoires. Tout en proposant des formations pointues, le Forum organise de
nombreux événements et possède son propre Observatoire des Finances Locales.







Chaîne
publique sur Internet fondée en juin 2007 entièrement dédiée à la médiation entre les décideurs publics et privés, Rpublic.tv s’adresse aux acteurs des institutions publiques aussi bien locales
que régionales ou nationales. Nouveau concept de télévision conçu par son directeur Marc Delescluse, Rpublic.tv est conçue comme un carrefour d’échange entre entreprises, administrations et
associations mais aussi à destination des citoyens.


15
internautes sont égarés ici et trouveront leur bonheur par là !
Avril 2006 - Novembre 2010

Blog-territorial by Adverbia est mis à disposition selon les termes de la licence Creative Commons Paternité - Pas d'Utilisation Commerciale - Pas de Modification 3.0 Unported.
Basé(e) sur une oeuvre à www.blog-territorial.fr.
Vos réactions