Les #archives de blog-territorial : la communication publique territoriale en partage
par Patrick Lamarque
Ces temps-ci, la communication locale enregistre plusieurs déplacements tectoniques, silencieux
mais profonds, qui sont appelés à changer notre relation à l’administration de proximité.
Il faut bien le constater, notre relation au territoire évolue rapidement. Notre enracinement n’est plus in-
sulaire mais archipélagique : nous ne sommes plus les "p’tits gars de Ménilmuche"
ni les terreurs du 9-3.
qui devient de plus en plus une démocratie du sommeil,
puisque nous vo-
nous dormons.
Du coup, la
proximité, dont grand cas à la fin
tons là où
notion de
on a fait le plus
des années 90 et
examinée à la lecture de ses dérives. Ainsi la pratique parisienne récente qui induit des choix urbanistiques criti-
quables dans le quartier des Halles en valorisant la paix, la tranquillité, le sommeil des riverains au détriment de la vie sociale de l’agglomération.
Dans le même mouvement, les politiques de développement qui mobilisaient les énergies jusqu’au début des années 2000 en s’ap-
puyant sur la création de stratégies d’image ambitieuses, ont laissé la place à des approches identitaires plus régressives, autocentrées
voire passéistes.
Pourtant, l’époque laisse émerger des opportunités aptes à porter des visions renouvelées des territoires. La nouvelle ère de l’Internet, notamment, caractérisée par la générali-
sation rapide des équipements (plus de 50% des ménages sont désormais dotés d’ordinateurs connectés à la toile)
et l’évolution parallèle de l’offre des collectivités locales.
Aux sites-plaquettes succèdent des formules plus inter-
actives qui facilitent la vie (avec les télé-procédures)
et la relation d’échange entre élus et habitants (les blogs,
du moins quand ces derniers sont bien conçus et régu-
lièrement mis à jour).
Au-delà, ces technologies vont nous permettre d'accom-
pagner une profonde ré-orientation des structures de nos collectivités locales, à l’image de celle que les banques
ont entreprise à la fin des années soixante-dix et dans
les années quatre-vingt. Grâce aux nouvelles technolo-
gies, plus simples d’emploi, plus modulables et animées
de moteurs de recherche performants, nous allons être
à même de traiter en front-office 80 à 90% des demandes des habitants et, par surcroît, répondre à
de nouveaux besoins de conseil et d’assistance, si essen-
tiels dans l’époque incertaine que nous vivons. Parallèle-
ment, le back-office pourra se consacrer à l’essentiel,
qui va de l’élaboration des politiques au soutien des équipes de contacts.
Mieux même, les collectivités locales pourront, à partir
de ces nouveaux dispositifs, multiplier les démarches proactives destinées à solliciter directement certaines catégories d’habitants, concernées par telle ou telle action, au lieu, comme par le passé, "d’attendre le chaland". Certaines municipalités s’engagent déjà dans cette voie, dont on peut être assuré qu’elle
sera prometteuse.
Ainsi, le fonctionnaire local perdra sa culpabilité d’avoir à mal traiter les habitants quand le commerçant cajole ses clients. Et le citoyen cessera d’être un client honteux chaque fois qu’il exigera un service de son administration.
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On peut aussi parler des préoccupations du conseil général de Seine-et-Marne qui refuse que le département devienne le « dortoir » de l’Île-de-France - une grande partie des habitants travaillant sur Paris.
Mais aussi le Var qui redoute de devenir également un « département dortoir » avec l’arrivée de la LGV. Sans parler de ces nombreuses communes qui pour la majorité déplorent cet état de fait.
On peut noter aussi que si certains habitants y trouvent leur compte, et ne recherchent qu’un endroit apte à leur fournir un « bon sommeil », beaucoup redoutent ou regrettent de vivre dans une commune « somnolente ».
;o)
Tout à fait, mais aussi beaucoup plus largement de commune-dortoir voire de département-dortoir...
A méditer, plus que jamais...
Quelques chiffres qui corroborent l'article de Patrick Lamarque, et illustrent ce qu'il nomme très justement "la démocratie du sommeil" :
"3.700.000 salariés, soit les trois quart des Franciliens, quittent leur commune tous les jours pour aller travailler"
(Source : Edition 12/13 du 28/04/2006 - France 3, Ile-de-France)