Les #archives de blog-territorial : la communication publique territoriale en partage
par Jeanne Bonnemay
"L'année Twitter". C'est ainsi que le Monde interactif voyait récemment 2009 dans un dossier composé de quatre articles sur le réseau social qui monte. En effet, la folie Twitter n'épargne personne, des people aux hommes politiques en passant par les collectivités territoriales qui petit à petit s'y installent et communiquent au plus proche de leurs administrés.
Il est vrai que Twitter n'en finit plus de faire parler et commenter les journalistes et bloggueurs. Véritable propagateur de coup médiatique et de buzz en tout genre, Twitter est le réseau social sur lequel il faut être pour relayer ses idées, ses informations, ses projets. En baisse dans les sondages, il n'en fallait pas plus pour pousser un Nicolas Sarkozy, prêt à expérimenter dans la communication selon le JDD, à ouvrir un compte Twitter. Seulement, ce n'est pas Nicolas Sarkozy qui ouvre un compte Twitter mais plutôt son "employeur", tel qu'il est désigné sur la page Facebook du président : l'Elysée. Ouvert à l'occasion de la conférence sur les changements climatiques - qui se déroulera à Copenhague du 7 au 18 décembre 2009 - ce compte est destiné à faire part aux "twitteriens" de la démarche du président et de l'avancée du sommet, ce qui n'est pas sans poser problème.
Il ne s'agit pas ici de s'étendre sur l'opportunité d'utiliser Twitter dans la communication politique, de nombreux hommes politiques utilisent déjà ce média avec plus ou moins de succès. Il s'agit plutôt de s'interroger sur la différenciation entre la communication de Nicolas Sarkozy et la communication de l'Elysée et à travers elle, celle de la France. Ce problème est loin d'être nouveau. Toute campagne de communication publique marche sur les frontières parfois floues entre public et politique : un élu au sein de l'exécutif d'une institution publique quelle qu'elle soit tâchera toujours de lier la communication de son institution à sa propre promotion.
Il n'en reste pas moins que l'ouverture de ce compte spécialement dédié, du moins pour le moment au sommet de Copenhague, est contestable. Ce ne sont pas seulement les décisions prises, les accords signés qui seront relatés mais également la démarche du président, son ressenti : qu'a à voir l'Elysée avec cela ? N'aurait-il pas été plus opportun d'ouvrir un compte Twitter au nom de Nicolas Sarkozy, comme cela a déjà été fait sur sa page Facebook?
Certes, nous dit Franck Louvrier directeur de la communication de l'Elysée, le président ne twittera pas lui-même. Mais sommes-nous assez naïfs pour imaginer que Nicolas Sarkozy alimente sa page Facebook ou rédige tous ses discours lui-même ? La question n'est pas de savoir par qui le contenu sera rédigé, mais qui il concernera. En d'autres termes, aurons-nous affaire à une communication centrée sur la personne de Nicolas Sarkozy ou à une communication la plus objective possible, sans viser une neutralité inatteignable mais avec pour objectif d'informer les citoyens sur le sommet ?
Nous pourrons peut-être le déterminer en décembre lors de l'ouverture de ce compte Twitter qui n'aura sûrement pas besoin de combines pour intéresser de nombreux followers... En attendant, si vous souhaitez suivre l'actualité d'un Sarkozy sur Twitter, reportez-vous sur Jean.
3 questions à Jean-François Legat, directeur de cabinet et de la communication de la ville de Rive de Gier, récemment inscrite sur twitter.
Alors Twitter, utile ou gadget ?
Utile bien sûr.Comme tout ce qui va devenir bientôt incontournable.
Qu'est-ce qui vous a décidé à inscrire la Ville de Rive de Gier sur Twitter ?
Car c'est un nouvel outil de communication et d'information. Le but est la réactivité dans un premier temps. Cela permet également de toucher un public différent, qui ne vient pas forcement sur un site Institutionnel classique d'une collectivité.
L'interaction également avec son "public" est importante. On en a fini avec les sites purement informatif. Il faut donner la parole au citoyen, lui permettre de réagir, de s'exprimer.
Le fait de tester aujourd'hui la potentialité du produit permettra demain lorsqu'il sera répandu d'être prêt et de l'utiliser de façon optimale.
Le côté en avance sur son temps que donne aujourd'hui l'emploi de ces outils donne une image également moderne qui n'est pas forcement pour déplaire à l'équipe municipale.
On trouve encore peu de collectivités ou territoriaux sur Twitter, à votre avis pourquoi ?
Peut être (sûrement, sic...) la peur de la nouveauté, de l'inconnu.
Le fait aussi que l'on se "frotte" de façon direct au citoyen, à l'habitant, à l'utilisateur. En lui donnant la possibilité de s'exprimer on se met en danger. On s'expose aux avis, parfois négatif. Mais c'est cela qui est interessant.. pour progresser.
De ce fait le processus de décision pour mettre en place ce genre d'outils peut être long en interne. Cela freine peut être les bonnes volontés de certains.
Mise à jour du 29/10
Loic Hay d'ARTESI nous présente la liste en devenir des comptes Twitter de collectivités locales :
Mise à jour du 20 / 01 / 10
Collectivités locales que l'on retrouve également sur le compte Twitter de l'agence Adverbia.
Mer 28 oct 2009
13 commentaires
C'est vrai Philippe... "Après le monde politique, twitter se propage aussi dans les collectivités" aurait été plus exact... Nostra culpa ! Il y a en effet d'autres expériences et c'est un sujet sur
lequel on reviendra très prochainement.
Franck Confino - le 28/10/2009 à 12h42
Pour compléter l'interview de Jean-François, je dirais aussi que beaucoup de collectivités ayant peur de Twitter, elles en bloquent l'accès depuis les postes informatiques des mairies et autres
collectivités.
C'est le cas à Fontaine (38). Facebook, Twitter sont bloqués et le seul moyen d'y accèder est de rajouter un "s" après http de manière à faire croire aus erveur que c'est un accès sécurisé. Mais cela oblige à cette manip à chaque fois qu'on clique sur un lien.
Peu de DG sont suffisamment jeunes (en âge et en esprit) pour comprendre l'intérêt de ces réseaux.
C'est le cas à Fontaine (38). Facebook, Twitter sont bloqués et le seul moyen d'y accèder est de rajouter un "s" après http de manière à faire croire aus erveur que c'est un accès sécurisé. Mais cela oblige à cette manip à chaque fois qu'on clique sur un lien.
Peu de DG sont suffisamment jeunes (en âge et en esprit) pour comprendre l'intérêt de ces réseaux.
Dominique - le 28/10/2009 à 14h08
Comment est-ce possible à Fontaines (38) alors que vous y retranscrivez les débats du Conseil municipal sur Twitter ? C'est bien triste mais tu as raison d'insister sur ce point : je l'ai déjà
constaté dans pas mal de collectivités (comme d'entreprises !), où ces blocages, souvent du fait des DSI, génèrent des situations absurdes ! En effet, Facebook et Twitter sont souvent bloqués mais
(encore pire si j'ose dire) des sites comme Dailymotion, Youtube, Viadeo... Il y a encore un gros travail à faire sur les mentalités !
Franck Confino - le 28/10/2009 à 14h20
J'ai décidé il y a quelques temps de mettre le Conseil régional d'Auvergne à la fois sur Twitter et sur Facebook. Il y a à la fois pour faire connaitre nos et publications et dans une volonté de
tester, de voir comment le dialogue peut se mettre en place, écouter ce qui se dit autour de nous, essayer de toucher un public différent.
Une Région n'est cependant peut être pas la collectivité qui a le plus de potentialités pour profiter de la réactivité de Twitter. Les départements et les mairies ont pour moi plus de potentialités car elles ont plus de liens directs avec les citoyens dans les services apportés, plus d'infos à faire passer rapidement, d'infos pratiques.
Une Région n'est cependant peut être pas la collectivité qui a le plus de potentialités pour profiter de la réactivité de Twitter. Les départements et les mairies ont pour moi plus de potentialités car elles ont plus de liens directs avec les citoyens dans les services apportés, plus d'infos à faire passer rapidement, d'infos pratiques.
Bertrand - le 28/10/2009 à 14h38
Je me pose pas mal de question sur Twitter.
Plus que facebook, j'ai l"impression que c'est plutôt unidirectionnel comme outil. En tout cas pour l'instant.
je vois rarement des dialogues s'instaurer ou des RT se réaliser.
Quand je vois parfois le nombre de comptes suivis par certains, je me demande comment les gens font. Ou alors ils ne se sont inscrits que pour espérer la réciprocité.
Des études ont-elles été menées sur l'interactivité entre twitteriens ?
Pour une collectivité, je pense aussi que l'intéret est plutôt local. Coupler par exemple envoi sms et twitt pour alerter concernant dysfonctionnement ou évènements.
Mais je suis assez sceptique sur l'échange.
Plus que facebook, j'ai l"impression que c'est plutôt unidirectionnel comme outil. En tout cas pour l'instant.
je vois rarement des dialogues s'instaurer ou des RT se réaliser.
Quand je vois parfois le nombre de comptes suivis par certains, je me demande comment les gens font. Ou alors ils ne se sont inscrits que pour espérer la réciprocité.
Des études ont-elles été menées sur l'interactivité entre twitteriens ?
Pour une collectivité, je pense aussi que l'intéret est plutôt local. Coupler par exemple envoi sms et twitt pour alerter concernant dysfonctionnement ou évènements.
Mais je suis assez sceptique sur l'échange.
philippe - le 28/10/2009 à 18h31
@philippe. Même si en effet de nombreux échanges sont unidirectionnels il se crée de véritables dialogues parfois. L'intérêt est également dans l'échnage d'info et l'entraide. Je cherche une info,
je publie ma demande, elle est relayée par mon réseau... une personne m'apporte la solution. Même si à la base elle ne fait pas partie de mon réseau.
Dans le cadre des collectivité, aujourd'hui il s'agit principalement d'envoyer une info. Demain il s'agira d'un outil de dilaogue avec le citoyen au même titre que le mail aujourd'hui. Tout est à inventer, à mettre en place.
Dans le cadre des collectivité, aujourd'hui il s'agit principalement d'envoyer une info. Demain il s'agira d'un outil de dilaogue avec le citoyen au même titre que le mail aujourd'hui. Tout est à inventer, à mettre en place.
Jean François - le 29/10/2009 à 00h09
@Philippe : Je suis du même avis que Jean-François. Dans mon usage personnel, Twitter me permet vraiment des échanges d'infos, des questions, des réponses, des liens recommandés.... Dans le cas de
l'usage à la Région, ce n'est pas tout à fait pareil avec plus un effet diffusion à sens unique. Quelques réponses mais surtout en messages directs car des cas particuliers.
Mais dans le même temp je réfléchis à l'évolution. Comment y insérer des infos qui ne soient pas juste la reprise du flux RSS (envoi d'une photo en direct d'une conférence de presse sur le numérique par exemple), quelle démarche d'intérogation de nos contacts, comment répondre à leurs demandes et critiques, quel lien entre le Twitter officiel et celui du président... Je le fais autant pour Twitter que pour Facebook ou Dailymotion. Mais c'est beaucoup d'expérimentations.
Mais dans le même temp je réfléchis à l'évolution. Comment y insérer des infos qui ne soient pas juste la reprise du flux RSS (envoi d'une photo en direct d'une conférence de presse sur le numérique par exemple), quelle démarche d'intérogation de nos contacts, comment répondre à leurs demandes et critiques, quel lien entre le Twitter officiel et celui du président... Je le fais autant pour Twitter que pour Facebook ou Dailymotion. Mais c'est beaucoup d'expérimentations.
Bertrand - le 29/10/2009 à 10h07
La twittosphère des collectivités locales françaises est certes réduite mais est appelée à se développer ;-) Voir une première tentative de liste : http://twitter.com/LoicHay/collectivites-locales
loichay - le 29/10/2009 à 10h37
@Bertrand : ta démarche est assez novatrice dans le sens où de nombreuses collectivités sur Twitter ont encore une approche de communication très descendante : elles disent mais elles
n'écoutent pas et relaient (RT) rarement. Pour elles, Twitter se gère comme un panneau lumineux Decaux de 140 caractères... c'est passer à côté d'une fonction essentielle de l'outil ! Je suis
d'accord avec toi sur le lien plus direct qui se créée avec le citoyen au niveau d'une municipalité... mais j'ai un doute sur l'échelon du département. A mon avis la problématique est la même que
pour une région.
@Philippe : je n'aurais pas mieux répondu que @Jean-François : "Demain il s'agira d'un outil de dilaogue avec le citoyen au même titre que le mail aujourd'hui. Tout est à inventer, à mettre en place."... C'est vrai et c'est beau ce que tu dis JF ! :-)
@Bertrand : ça m'intéresserait de savoir s'il t'arrivait d'utiliser des applis de géolocalisation sur Twitter pour "suivre" de nouvelles personnes ou, sinon, sur quels critères la région "followait"... comme tu gères @Auvergne et nous @Auwwwergne, ta réponse me sera utile :)
@Loïc : une vraie mine d'or ça ! On met à jour l'article pour passer l'info, merci.
@Philippe : je n'aurais pas mieux répondu que @Jean-François : "Demain il s'agira d'un outil de dilaogue avec le citoyen au même titre que le mail aujourd'hui. Tout est à inventer, à mettre en place."... C'est vrai et c'est beau ce que tu dis JF ! :-)
@Bertrand : ça m'intéresserait de savoir s'il t'arrivait d'utiliser des applis de géolocalisation sur Twitter pour "suivre" de nouvelles personnes ou, sinon, sur quels critères la région "followait"... comme tu gères @Auvergne et nous @Auwwwergne, ta réponse me sera utile :)
@Loïc : une vraie mine d'or ça ! On met à jour l'article pour passer l'info, merci.
Franck Confino - le 29/10/2009 à 12h52
Apart l'interview du dircom, on ne parle pas trop des collectivités dans ce billet comme son titre le laissait penser.
Bien cordialement
Philippe