Les #archives de blog-territorial : la communication publique territoriale en partage
Pour cette rentrée des lundis du forum, revenons sur un débat qui s'est tenu au mois de juillet sur le forum territorial à propos de la tribune de Gildas Lecoq, Communication-Information le devoir de vérité !. Question posée : Comment gérer au mieux l'imbrication des deux disciplines tout en
donnant des repères ?
Très vite, les échanges ont été axés sur le thème de la différenciation (différenciation pour certains, mais similitudes pour d’autres) entre la fonction de journaliste territorial et celle de journaliste « tout court ». Alors que, pour une partie des intervenants, il faudrait mieux utiliser un terme tel que « chargés d’éditions » et arrêter de « parler de "journalistes territoriaux", tant que l'obligation de réserve s'applique à tous les fonctionnaires et assimilés », argumentant qu’un « journaliste - théoriquement - a l'obligation de l'ouvrir, pas de la fermer », d’autres constatent que « de plus en plus de dircoms de collectivités viennent du monde de la presse et recrutent eux-mêmes des profils de journalistes dans leur service ».
Nous laissons nos lecteurs qui le désirent découvrir dans l’intégralité du débat tous les points de vue exprimés sur cette question précise… pour nous consacrer ici à une réflexion plus sémiologique.
Didier Jacquot, chargé de communication au Conseil général de Meurthe-et-Moselle, nous a fait parvenir la contribution suivante :
« La tradition veut que les profanes mêlent allégrement la communication et l’information. Pour eux, ce n’est qu’une seule et même chose (…) Une autre tradition veut que les initiés aiment à rappeler, souvent plus pour s’en convaincre eux-mêmes peut-être, qu’il ne faut pas confondre communication et information. Un jour, par curiosité, je suis allé regarder comment sont expliqués ces deux mots dans l’encyclopédie Wikipédia. Rien à déclarer concernant ce qui est écrit sur la communication. On connaît (mais ça ne mange pas de pain que de s’y référer de temps à autres !). Par contre, pour l’information Wikipédia définit ainsi la chose : L'information au sens commun est le moyen pour un individu de connaître son environnement. Mais hors contexte, l'information figure le véhicule de ces données comme dans la théorie de l'information, et hors support, elle représente un facteur d'organisation.
Finalement, tout le monde a peut-être bien raison, ceux qui mêlent, ceux qui disent de ne pas confondre. Ce qui pourrait grandement expliquer malentendus, non-dits et compagnie » .
Une idée qui peut être enrichie par une remarque laissée par Jef sur le forum : « Dans l'un des cinq axes développés par l'Ecole de Palo Alto il est dit "On ne peut pas ne pas communiquer." Ce à quoi l'excellent Daniel Bougnoux, professeur et chercheur en communication entre autres, avait plaisir à compléter par : ''Le fait de ne pas communiquer est une information que l'on transmet sur son envie de ne pas communiquer." Ne citons pas Mac Luhan non plus... »
Jef a d’ailleurs eu l’excellente initiative de nous envoyer un lien permettant de découvrir plus en détails certaines réflexions de Daniel Bougnoux :
http://www.icampus.ucl.ac.be/OPES2236/page/Lasemiologie.htm
Nous ne pouvons qu’en recommander la lecture à tous ceux qui, de près ou de loin, s’intéressent à cette question.
Pour conclure, laissons la parole à Didier Jacquot qui relativise l’importance du débat : « Mieux que convaincre que communication et information, ce n’est pas la même chose, ce qui entre nous, soit dit en passant, est important pour le communicant mais pas forcément pour son interlocuteur (imaginerait-on dans un restaurant un chef venir tailler avec nous le bout de gras pour évoquer le mot cuisine et ses subtilités ?), mieux que convaincre, donc, ne faudrait-il pas plus souvent davantage travailler l’écoute des demandes qui sont faites, pour mieux articuler des réponses. On pourrait peut-être au passage y gagner qualitativement, en étant par exemple les garants d’une démarche qui harmoniserait le fond et la forme, le contenu et le contenant. Loin d’être incompatibles, ces deux notions me semblent au contraire à même de valoriser l’idée d’une communication (et de professionnels de la communication) ressource et pas seulement maîtrise technique. »
C'est exactement cela.
Ou l'art de résumer un long débat en une seule phrase... merci !