Les #archives de blog-territorial : la communication publique territoriale en partage

par Isabelle Hache & Jean-François d'Argent


Il y a cent ans l’homme dormait en moyenne neuf heures par jour. Aujourd’hui, il ne passerait plus que six à sept heures sur l’oreiller. Essentiel à la qualité de la vie, le sommeil semble poser problème dans une société vouée à la productivité et à la performance et au sein de laquelle les révolutions technologiques modifient notre rapport au monde et à nous-mêmes.

 

Bien dormir c’est souvent pouvoir récupérer physiquement et psychiquement : le sommeil est essentiel au bon fonctionnement de l’organisme, permettant au système cérébral et au corps de se régénérer. Il est de plus en plus montré du doigt, considéré comme une perte de temps ou un acte de paresse...

 

On a estimé, il y a quelques années, qu’un être normalement constitué devait bénéficier en moyenne de huit heures et quart de sommeil chaque nuit pour être en forme. Mais la durée idéale de sommeil est celle qui permet à chacun de se sentir reposé et d’avoir un bon fonctionnement la journée. Elle varie, en fait, d’un individu à l’autre, la tendance étant tout de même à un raccourcissement du temps de sommeil quotidien. Selon les dernières études, le quart de la population française dort tout au plus six heures par jour. Aux Etats-Unis, la durée moyenne du sommeil serait en chute libre avec moins de six heures par jour.


 

 

Il est clair que les obligations professionnelles (3x8, horaires décalés, service 24h/24), le développement des nouvelles technologies, la consommation constante des mass media et les appels du pied quotidiens de la société des loisirs influent négativement sur notre rythme de sommeil, et du coup, sur notre équilibre biologique. Combien sommes-nous à sentir monter le coup de pompe durant une journée de travail classique ? Manque de vigilance, baisse des performances, manque de concentration, somnolence excessive… Près de 70 % des travailleurs postés disent avoir des problèmes de sommeil et souffrir de phénomènes proches du décalage horaire. L’absentéisme lié au manque de sommeil concernerait 8% des actifs en France.

Lire les résultats de l’enquête SOFRES-ISV de 2004 Lire les résultats de l’enquête SOFRES-ISV de 2004


L’enquête SOFRES-ISV de 2004 révèle que sept personnes sur dix ressentent des périodes de somnolence dans la journée, 6 % disent qu’il leur arrive de somnoler au volant. Presque du quart de la population française serait sujet aux endormissements involontaires pathologiques ; le tiers de ces individus pouvant être considéré comme atteint de somnolence sévère.

 

Une société qui souffre de
son manque de sommeil

 

http://ddata.over-blog.com/xxxyyy/0/18/46/70/dort.gifOutre la fatigue, le manque ou la privation de sommeil entrainent souvent la somnolence excessive responsable, par exemple, de 20 % des accidents de la route. Sur les 2,5 millions de personnes concernées - soit 8 % des Français, tous les âges se retrouvent. Les jeunes semblent cependant plus fragiles face à la privation de sommeil : en 30 ans, ils ont perdu deux heures de sommeil par jour.


Les méfaits d’un manque de sommeil peuvent se traduire par la dépression, l’irritabilité accrue, l’instabilité psychomotrice ou la perte d’attention et de concentration. Certains jeunes éprouveraient même du mal à assumer leurs actes. Une étude menée en 2005 auprès de 520 collégiens en classe de Sixième a montré que l’altération des résultats scolaires pouvant conduire à l’échec scolaire était souvent liée au manque de sommeil.


Des répercussions graves


Les chiffres récents qui figurent dans le rapport remis en 2006 à Xavier Bertrand, ministre de la Santé, sont inquiétants... 50 % des Français se plaignent de leur sommeil. Un tiers souffrirait d’insomnies liées à un état de stress et d’anxiété fort. 10 % des personnes souffrant de troubles du sommeil prendraient des médicaments pour dormir. L’étude TNS Healthcare révèle que plus du quart de la population française souffre de troubles du sommeil, 45 % des actifs français disent manquer d’énergie et de dynamisme au travail et que 29 % ont des problèmes de concentration dans leurs activités professionnelles (...)


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Ces chiffres ne surprennent guère si nous considérons le fait que 25 % des Français dorment moins de six heures par jour.

 

La privation de sommeil est grandissante en France. Elle trouve son explication dans nos modes de vie et de travail. Les conséquences sur la santé peuvent être dramatiques, sans pour autant nous inciter à changer notre rythme quotidien. Le manque de sommeil constitue un risque accru dans le développement de pathologies lourdes comme l’infarctus, l’hypertension artérielle, la prise de poids, l’obésité, la dépression et même le diabète.

 



Une cause majeure de santé publique ?

Le Dr Eve Van Cauter a réalisé une étude sur le diabète en 2001 à Philadelphie, aux Etats-Unis. Elle a pu établir que le manque, les troubles du sommeil et l’insomnie limiteraient de 30 % la capacité de l’organisme à métaboliser le sucre dans le sang entraînant une baisse de la sécrétion d’insuline. Cela aurait également des répercussions sur la prise de poids excessive et l’obésité, problèmes de santé majeure pour les Américains.


Le manque de sommeil engendrerait un vieillissement prématuré. En dormant seulement quatre heures par nuit pendant six nuits consécutives, un jeune de 20 ans présenterait les mêmes caractéristiques physiologiques qu’un individu de 60 ans. Le Dr Eve Van Cauter a montré notamment que la production de cortisol, hormones du stress, grimpait rapidement, causant hypertension et perte de mémoire.

Un impact économique exorbitant


Le rapport remis à Xavier Bertrand souligne encore l’absence ou le manque de formation des médecins sur les problématiques du sommeil ; des délais de prise en charge très ou trop longs (il faut un délai de 11 ans entre le premier symptôme et le diagnostic d'une narcolepsie !), le manque d’information du grand public sur le sommeil et ses troubles. Il met aussi en lumière la non-reconnaissance de la part de la santé publique du caractère indispensable du sommeil. Ce qui tendrait à expliquer en partie qu’en France : 77 % des personnes souffrant de troubles du sommeil ne sont pas prises en charge ; 85 % des troubles ne sont jamais diagnostiqués ; et 75 % des narcoleptiques ne sont pas médicalement pris en charge.

 

Le déficit de sommeil représente un coût global considérable pour l’économie d’un état. Il avoisinerait les 100 milliards de dollars chaque année aux Etats-Unis dont presque la moitié est directement imputable à des accidents liés aux troubles du sommeil. En France, seule une personne sur cinq est traitée pour troubles du sommeil. Entre absentéisme (5 semaines d’arrêts de travail supplémentaires pour un individu souffrant du syndrome d’apnées du sommeil), chute de la productivité et de la performance, baisse de la vigilance engendrant des accidents au travail et sur la route, augmentation du nombre de personnes souffrant de troubles du sommeil (plus de 80 maladies s’y rattachent), la France est en train d’emprunter le même chemin que les Etats-Unis. On sait, par exemple, que le coût direct imputé à l’insomnie chronique représentait 1,55 milliards d’euros en 1999. Il faut savoir, aussi, que les personnes souffrant d’insomnie sévère consultent deux fois plus leur médecin, sont plus souvent hospitalisées et consomment 2,6 fois plus de médicaments. Les maladies du sommeil non-prises en charge peuvent engendrer des coûts sociétaux très lourds avec notamment des accidents vasculaires cérébraux, de l’hypertension et des dépressions quelles que soient les tranches d’âges. Les troubles du sommeil sont l’une des causes principales de l’institutionnalisation des personnes âgées.


 

Il est évident que l’homme moderne dort peu et dormira sans doute encore moins dans les années à venir. Le sommeil est désormais un enjeu et mérite qu’on lui accorde une attention toute particulière. Il nous semble important de l’inscrire comme une cause majeure de santé publique.

 


Voir aussi Conférence de presse de Xavier Bertrand sur le sommeil


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Il manque deux heures de sommeil par jours aux Français


Une étude a prouvé que les Français dorment en moyenne 6h par nuit au lieu des 9h de l'homme pré-historique et des 8h recommandées. Ce manque de sommeil a de graves conséquences sur la santé et le psychique. Il faut dormir plus ! .


Tracké par Eldiz

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Mar 23 jan 2007 66 commentaires
Pour une surprise, c’est une surprise ! Et vous vous êtes mis à 3 pour ça… Mais ce n’est pas mon anniversaire ! ;o)

Oui le sommeil est malmené, négligé par notre société et par l’individu qui cherche à « gagner » du temps, oubliant que dormir comme manger est une fonction fondamentale de notre organisme. Aucun des médicaments et substances diverses utilisés pour se « passer de sommeil » ne rempli les fonctions restauratrices d’une bonne nuit de sommeil. Comme d’ailleurs aucun hypnotique ne parvient à fabriquer un sommeil physiologique.

Depuis ces dernières années et sous l’action des « médecins du sommeil » au travers des sociétés savantes, du syndicat (il y a en effet un syndicat de la Médecine du Sommeil et de la Vigilance), de l’ISV, du Réseau Morphée, des associations de patients, d’autres associations (Prosom, svs81),  un énorme travail de communication (besogneuse) vis-à-vis des autorités de santé, des caisses d’assurances maladie, des entreprises, du public, commence à faire passer le message que le sommeil c’est important et qu’il faut le préserver. Mais il faudra encore beaucoup de temps pour faire changer les habitudes et les mentalités : formation des médecins (pour le moment 3 heures d’enseignement en tout et pour tout sur le sommeil et ses pathologies au cours des 7 années d’étude), information et éducation du public et des patients, création d’espace de repos, multiplication des centres de sommeil…

Pour le sommeil il n’y a pas de territoire privilégié, il nous concerne tous.

Merci donc à Isabelle, Jean-François et Mr Territoire de lancer ce cri d’alerte.

 
Sylvie Royant-Parola - le 23/01/2007 à 11h36
Sujet très intéressant et problématique en effet ! Je suis gros dormeur mais je dors pour des raisons professionnelles entre autres. Je constate avec l'accès 24h-24 aux media de masse et aux NTIC, des jeux vidéo en ligne et en réseaux, que très tôt chez l'enfant le sommeil devient une chose secondaire. Il n'y a pas longtemps j'ai pu discuter avec une amie institutrice et voici ce qu'elle dit des enfants : ils sont fatigués tout le temps... ils peuvent parler de Ben Laden, de Bush et de la Star academy ou du film du soir, du match de foot débuté à 21h et terminé 1h30 plus tard, de ce qu'ils ont vu le matin de 6h30 à 8 heures. Il y a, outre les médecins, une formation et une information à faire en effet auprès du grand public. L'éducation peut aussi être une éducation à l'importance du sommeil.
jef - le 23/01/2007 à 11h53
Mdr !
Il lire dans mon précédent commentaire : je dors PEU pour des raisons professionnelles entre autres.
jef - le 23/01/2007 à 11h55
Jef, testeur de hamacs...  quel beau métier tu fais ! ;-)

Merci aux auteurs pour cet article richement documenté.... il inspirera peut-être quelques rédacteurs prêts à relayer l'information dans les pages santé ou société d'un canard local, c'est tout le mal qu'on lui souhaite !

J'en apprends également dans les commentaires : 3 heures sur 7 années d'année d'étude de médecine, c'est en effet une vraie peau de chagrin... mieux vaut  ne pas avoir séché le cours !

Maintenant, concernant la discussion avec ton amie institutrice Jef : le problème est-il vraiment si "nouveau" ? Avant de mettre ça sur le dos de "Second Life" on accusait les "secondes parties de soirées' à la télé. Et faut-il accuser les médias ou plutôt la démission de certains parents ? Une télé, ça se débranche. Zut, je m'écarte du débat.

Enfin, comme il a été dit dans l'article : à chacun de trouver "son" rythme de sommeil. Mais à regarder les cernes de certaines personnes qui m'entourent (je ne citerai pas de noms), je rajouterai ceci : la création d'entreprise et le blogging peuvent avoir des répercussions graves sous les poches des yeux ;-)
Monsieur_Territoires - le 23/01/2007 à 12h36
Je n'accuse pas les mass media et les NTIC mais l'accélération de la réduction du temps de sommeil qu'elles peuvent engendrer.
Cela dit réfléchir dans un hamac est une chose plus agréable que de réfléchir à un bureau sans en avoir envie. Et pour nous créatifs la posture idéale est celle qui favorise l'accès aux hautes plaines... Là où l'air est pur et les perspectives plus intéressantes ! Mdrrrr
Pour les poches sous les yeux, des rondelles de concombre devraient t'aider à ne pas terminer en mister magoo !
jef - le 23/01/2007 à 12h59
http://www.melodiedelamer.com/images/ChienMasque1024.jpg

- Je ne vois pas si j'ai l'air ridicule,  pourriez-vous me le dire ? Et puis, qu'as-tu contre mister magoo, Jef ? Mister territories semble flatté par cette ressemblance... évidente, maintenant que tu le dis ;-)
blog-territorial
Il y a un vrai problème d'information sur les besoins de sommeil, les conditions du sommeil afin que les adultes et surtout les parents comprennent qu'on ne peut pas faire n\\\'importe quoi n\\\'importe quand. Les enfants ne sont pas de petits adultes en miniatures. Ils ont leur besoin propres qui doivent être respectés au détriment parfois des désirs des adultes (par exemple partir en WE est sympa! Néanmoins si aucours d'un WE l'enfant est trimbalé en voiture et rentre tard le dimanche soir, le WE ne sera absolument pas reposant pour lui et il commencera trés mal la semaine à l'école)... D'où le constat des professeurs! On peut tenir le même raisonnement avec les émissions de télé tardives ou les jeux sur internet .... ;o)
S. Royant-Parola - le 23/01/2007 à 15h08
Certains pourraient penser à une forme de sévérité ou de "toughlove" comme disaient les américains dans les années 60, mais je crois que l'hygiène de vie des plus grands et des petits est essentielle. Outre la fatigue, il semble que de nombreux cas d'échec scolaire soient liés à un  manque ou une privation de sommeil. Il est en effet important comme le souligne Dr. Royant-Parola de rappeler en permanence l'importance du sommeil dans la vie de tous les jours et ses effets positifs sur la santé !
jef - le 23/01/2007 à 21h09

"Certains pourraient penser à une forme de sévérité ou de "toughlove" comme disaient les américains dans les années 60" dit Jef.

 



La je sèche! J'ai trouvé "toughlove", à peu près compris ce que cela veut dire (merci mon moteur de recherche préféré!). Mais à quoi faites- vous référence? A l'autorité parentale, à une attitude de la société?

 



Un petit enfant est incapable d'aller se coucher tout seul. Il a besoin de limites car entre  le plaisir de voir ses parents, de faire comme les grands, ses besoins de sommeil aussi (qui peuvent déjà être trés différents selon les enfants, y compris au sein d'un même fratrie) il ne pourra pas faire la part des choses. Et ce sont les parents qui seront les "traducteurs" du comportement de l'enfant. Le problème est que l'on voit de  plus en plus de parents qui ne savent pas ou qui n'osent pas (de peur de se tromper sans doute). D'où le besoin d'informer ces parents pour les aider à reconnaître quand leur enfant à sommeil, ou quand,  au contraire il faut attendre un peu. Les mauvaises réponses engendrent des troubles du sommeil chez l'enfant..


Le Pr André Kahn qui a été un grand pédiatre belge spécialiste du sommeil parlait de "malentendu" entre les parents et l'enfant. Je trouve ce terme à la fois très juste et très joli.

 


S. Royant-Parola - le 23/01/2007 à 22h47
'"Tough love", que le Robert & Collins suggère de traduire par "fermeté affectueuse"... Ce qui nous fait penser que l'expression bien française "main de fer dans un gant de velours" aurait peut-être été plus jolie, non ? Quoi qu'il en soit, on aura appris un mot aujourd'hui ;)
blog-territorial
Pff! désolée pour la présentation mais OB ne me facilite pas la vie aujourd'hui! ;o)
S. Royant-Parola - le 23/01/2007 à 22h49
Joli euphémisme !
blog-territorial
Je pense qu'il appartient aux parents de définir les règles de vie au sein de la maisonnée. Beaucoup d'éducateurs ou de sociologues ont évoqué déjà l'ère de l'enfant-roi.  Certains parents pourraient penser que sévir et être strict sur les horaires de télé et coucher ou de réveil est un acte autoritariste irrespectueux par rapport à l'enfant. Qui pourait percevoir cela comme le fait que ses parents ne lui font pas confiance et le trouve irresponsable !  La notion de malentendu  sous-entend un rapport au sens des  énoncés, une incompréhension. Peut-il y avoir malentendu si les règles au départ sont clairement définies ? Il  y a forcément une volonté de contourner la règle (la tentation ?) mais il appartient aussi aux parents de rappeler  ladite règle.
jef - le 24/01/2007 à 09h57