Les #archives de blog-territorial : la communication publique territoriale en partage

par Didier Jacquot

 

Don Quichotte vu par pablo PicassoLe communic’ acteur que je suis est à sa façon un Don Quichotte.


Une sorte de combattant du quotidien, avec sa cape, son épée, sa bannière et son fidèle
destrier.


Parfois rejoint, reconnaissons-le, par un Rantanplan de circonstance...



Les jours de beau temps, ces moulins à vent qui s’ébrouent là-bas au loin sont magnifiques, majestueux, ils respirent l’air des aventures. Ils deviennent même source d’énergie, élément de paysage. Il est des développements durables. Par plus mauvais temps, la grisaille entarte les pales qui ressemblent à des pantins sans âme, machins mécaniques qui trouent les nuages et font fuir les oiseaux.


Gueule de contenu et
tronche de contenant

Le communicant est ainsi ébouriffé au gré des vents, selon qu’il a une gueule de contenu ou une tronche de contenant. Eternelle question, en vérité, sur ce qu’est ou ce que n’est pas la communication, n’est-ce pas ? Eternelle complainte, aussi. La communication est-elle un machin ? Une somme de techniques et d’outils que l’on viendrait à déclencher au fil des projets qui ne manquent pas de baliser la route ? Un interrupteur sur lequel d’autres appuient à leur guise, parce qu’alors, communiquer devient une somme de "il faut".


Dominique WoltonLa communication est-elle plutôt un truc, une utopie, un quelque chose qui ferait en sorte que des personnes se parlent, échangent, s’ouvrent ? Un état d’esprit d’avantage qu’un souci ? Le mois des "bonne année" n’est pas encore passé, bien que les soldes aient commencé. Le mois des bonnes années, au sortir de la trêve des confiseurs et des gâteaux qui font les rois avec sa fève capricieuse et ses couronnes audacieuses, est encore parmi nous et le Don Quichotte que je suis souhaiterait en profiter non pour faire un vœu mais pour remettre sur le tapis quelques unes des phrases de ce bon Dominique Wolton, universitaire communicant, sociologue averti, dont quelques uns des ouvrages me servent de livre de chevet ou plutôt de boussoles à ressortir lorsque les itinéraires se font capricieux.


Je pense en particulier à son ouvrage qui incite à "sauver le soldat communication". Non que la patrie soit en danger. Mais plutôt que les enjeux à l’heure du grand JE ne sont pas minces, à bien y regarder. Don Quichotte sait aussi renifler l’air du temps, comme on hume un fumet sans a priori avant de le qualifier. Où évoquer la communication revient à enfourcher le fameux dextrier avec en tête quelques uns de ces mots fabuleux que sont la vie, la liberté, la tolérance. Je me permets du coup de citer quelques passages ici-même, afin que chacun puisse en extraire de la sève pour 2007. Des extraits qui collent parfaitement aux agapes à venir. Bonne année à toutes et à tous !

 

Lire un résumé sur scienceshumaines.com

 

 

 


 

Dominique Wolton est directeur de recherches et de la revue Hermès au CNRS. Ses travaux portent sur l'analyse des rapports entre la communication, la société, la culture et la politique. Il a notamment publié "Internet et après ? Une théorie critique des nouveaux médias" (Champs, 2003), "L'Autre Mondialisation" (Champs, 2004) et "Il faut sauver la communication" (Flammarion, 2005).


 

 

 

 


Et un Réussir à communiquer est la grande question de notre vie. On cherche tous à y répondre et personne ne peut s'en passer. Elle est au cœur des rapports personnels, familiaux, sociaux, politiques et, de plus en plus, de la mondialisation. Pourtant elle est constamment dévalorisée, soupçonnée de manipulation, réduite aux paillettes, ou au commerce.

 

Et deux La com n’est pas synonyme de communication. Il a fallu des siècles de combat pour la reconnaître, et elle n’est authentique qu’entre des individus libres et égaux. C’est pourquoi elle est si fragile et indissociable de la démocratie.

 

Et trois Sauver la communication c’est admettre qu’elle est distincte de l’information, car elle concerne la relation, toujours difficile avec l’autre. Communiquer, c’est aller au delà des messages et des techniques, c’est rappeler, modestement, obstinément, la dimension humaniste de la communication et accepter les risques de l’incommunication. C’est aussi critiquer les idéologies qui la portent, et tous ceux qui l’utilisent, sans vergogne, tout en la dévalorisant.

 

Et quatre Sauver la communication, c’est finalement défendre l’idéal démocratique et comprendre que communiquer et cohabiter sont parmi les grands enjeux de paix et de guerre du XXIe siècle. La communication est toujours un pari sur l’autre. A l’heure de la mondialisation, où la fin des distances physiques révèle l’incroyable étendue des distances culturelles, elle est une valeur essentielle pour éviter que le choc des cultures n’entraîne la guerre des civilisations.

 


Customer Reviews at eShopperForum.com             
Cliquez pour envoyer un commentaire audio

 

Votez pour cet article sur "Fuzz !"

 

#menu #trib { background-position:100% -150px; border-width:0; } #menu #trib a { background-position:0% -150px; color:#333; padding-bottom:5px; } .divTitreArticle h2, .infoExtrait { border-bottom: 1px solid #9ACC81; background-image: url(http://idata.over-blog.com/0/18/46/70/article/tribune2.gif); padding-top:10px; background-position: top left; background-repeat: no-repeat; background-color: transparent; }
Jeu 25 jan 2007 4 commentaires
Communicare : Mettre en commun. Oui alors, Dominique Wolton a raison de parler du caractère humaniste de la communication. Mais, j'avoue que je ne suis pas de ses écrits.  Je me permets de préciser qu'il parle surtout de communication politique. Pour lui la communication est un espace symbolique constitué des hommes politiques, des medias et de l'opinion publique. C'est dans cet espace que circulent les discours.
Quant à sa critique sur la pensée trop marxienne de Bourdieu, qui explique que toute communication est un rapport de domination et d'adaption des uns aux autres... je demeure dubitatif. Par contre ses écrits sur le blog comme support d'expression et non de communication me paraissent intéressants lorsqu'on les considère dans l'optique de la démocratie. Ce même si Internet n'est toujours pas démocratique.
jef - le 25/01/2007 à 16h06
Lire à ce propos sur P'com'publique : Wolton l'imprécateur - ou comment le directeur de recherches du CNRS analyse les enjeux de la prochaine campagne électorale dans une interview donnée à l'Humanité...
blog-territorial - le 30/01/2007 à 13h22
Bonjour, je découvre ce matin votre blog au hasard d'une recherche sur l'expression communic'acteur. Il se trouve que j'ai développé un autre sens  pour ce mot dans le cadre de ma pratique de coach média. Vous pourrez en avoir l'illustration avec cette note : http://www.dmtconseils.com/article-13832276.html.
Nous sommes un cabinet de média training où quotidiennement nous essayons à notre manière de vivre une certaine forme d'utopie : concilier communication et authenticité. Du coup, les propos de Dominique WOLTON nous sont assez proches.
murgui-tomas daniel - le 01/07/2008 à 10h12
"Nous essayons à notre manière de vivre une certaine forme d'utopie : concilier communication et authenticité." > j'aime beaucoup cette phrase et je ne manquerai pas de vous verser des droits d'auteurs lorsque je la réutiliserai :o)

Cette utopie-là est sans doute le meilleur moteur pour essayer de "faire bouger les choses" dans la communication publique, chacun à son petit niveau, qu'on soit côté collectivité, agence ou cabinet. Cette utopie-là n'est nullement une illusion mais bien le proche avenir de ce métier : dans beaucoup de collectivités, il reste du chemin à parcourir, mais pour aller vers cette communication plus attentionnée (cf. l'article de Patrick Lamarque http://www.blog-territorial.com/article-19561032.html) et plus authentique que nous appelons tous de nos voeux, c'est à nous (lecteurs de BT et autres professionnels) de nous battre pour que ce soit possible aujourd'hui !
Franck Confino - le 01/07/2008 à 15h27